Psychopathe

Keith ABLOW

Rocher, 2004
Traduit de l'anglais (USA). Première parution dans la langue originale en 2003.



Le tueur des autoroutes a encore frappé. Toujours le même mode opératoire : la gorge tranchée, aucune trace de lutte, comme si la victime faisait parfaitement confiance à son agresseur. Et pour cause : le psychopathe dispose d'un don exceptionnel d'empathie qui l'aide à approcher ses proies et à se nourrir de leur détresse. Se retrouvant dans une impasse sur cette affaire, le FBI fait appel au psychiatre Frank Clevenger, lequel va entreprendre la psychothérapie du tueur par voie de presse, sous la forme d'un échange de lettres des plus malsain, au plus grand danger de son entourage...
Quand un psychiatre rencontre un autre psychiatre, qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de psychiatres, bien sûr ! Psychopathe raconte donc l'histoire d'un psychiatre doublé d'un psychopathe qui correspond, par le biais de la presse, avec un autre psychiatre, consultant auprès du FBI, en une sorte de jeu du chat et de la souris que l'on retrouve souvent dans de nombreuses oeuvres du genre (la comparaison avec les romans de Thomas Harris saute aux yeux). Si l'on ajoute que ce psychiatre s'acoquine avec sa collègue, elle-même psychiatre expert, et tente tant bien que mal d'élever son fils adoptif, un ancien patient soupçonné il fut un temps d'avoir été un tueur psychopathe, et que le roman est l'oeuvre... d'un psychiatre, l'on peut se dire que ça fait beaucoup de psy au kilomètre carré. Et il est vrai que l'auteur, déformation professionnelle oblige, se plaît à analyser constamment la psyché de ses personnages, lesquels jouent aux fins psychologues les uns avec les autres à longueur de conversations.
Ceci dit, ne nous méprenons pas, une fois que l'on a accepté le principe de ce roman écrit par, pour et avec des psychiatres, c'est tout à fait passionnant ! Le personnage du tueur est particulièrement bien vu : terrifiant à ses heures, il se montre généralement si charmant, attentionné et charismatique que le lecteur se surprend parfois à l'apprécier. Effet déstabilisant, s'il en est. En ce qui concerne les rapports entre le psychiatre expert et son fils adoptif, il est à noter que ce roman est le quatrième de la série. Il sera donc préférable de lire au moins le précédent (Compulsion), si ce n'est les deux premiers (L'Amour à mort et Psycho Killer - diantre, quels titres !!!) pour suivre cette relation peu ordinaire depuis le début. Psychopathe peut néanmoins se lire de façon indépendante. C'est ce que j'ai fait, avec un grand plaisir.

Mikael Cabon

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