Excentric club

Jean DUFAUX, Philippe WURM

Glénat, 2011
Lady Elza, T. 1



Suite à des déboires d'alcôves, Lady Elza se "met au vert" chez son cousin Lord Palfy. Ce dernier, pour distraire sa charmante cousine, lui propose d'intégrer "l'Excentic Club" dont il est lui même membre. En effet, Elza semble avoir les qualités requises, à savoir une certaine disposition à l'ésotérisme (enfin je crois...) et en particulier le "don" de voir le village d'Ornfield disparu il y a plusieurs siècles. Mais qui se cache dans les murs de la plus haute tour ? C'est ce que cette Lady devra découvrir pour être un membre à part entière de cet Excentric Club.

Mouais... bon... euh, c'est quoi, l'histoire ? Non pas que cette dernière soit d'une grande complexité mais j'ai eu beaucoup de mal à me laisser prendre par le scénario. L'idée de ce club de gentlemen excentriques, était un bon début, surtout traité sur un ton plus ou moins humoristique et dans un cadre so british. Mais l'histoire fait rapidement "flop"... Non seulement les "dons" ésotériques des membres sont un tantinet inutiles, mais je n'ai toujours pas compris quel était le but de ce club et pourquoi Lady Elza voulait en faire partie.
Bref, hormis le dessin dans la lignée "Blake et Mortimer" très bien maîtrisé (et moi j'aime ça), cet album ne présente à mon avis pas beaucoup d'intérêt.

Annecat


Lady Elza, une jeune divorcée de famille aisée, a quelques amants. L'une des épouses, un peu énervée, la recherche. Le cousin d'Elza lui propose de rentrer à l'Excentric Club. Pour cela, elle doit ramener la montre de Lord Byron, un poète un poil effrayant !

Lady Elza est un album un tantinet pauvre côté scénario. Pas de surprise et bien classique dans la tournure. On cherche des détails sur l'Excentric club sans y trouver grand-chose, hors du fait que ses membres sont des gros machos au look british. C'est un peu court pour un club qui est le titre de l'album. Quant à Lady Elza, qui est-elle, d'où vient-elle ? Mystère. On achève cet album en restant sur sa faim. Dommage.

Le dessin, lui, est bien classique, style ligne claire : pour les ceusses qui ne connaissent pas, c'est un dessin simple, précis et rigoureux dont le maître est Hergé lui-même, mais employé également par E.P. Jacob ou Jacques Martin. On en trouve les prémices dans le Sapeur Camembert ou Bécassine.

Lady Elza, une BD qui ne casse pas la baraque !

Marc Suquet


La liste Victoria

Jean DUFAUX, Philippe WURM

Dupuis, 2004
Les Rochester Tome 3



Londres, de nos jours. Depuis la mort de sa mère, Victoria, fille de Sylvain Mark, un homme d'affaires milliardaire, n'est plus une enfant tout à fait comme les autres. En effet, elle semble être devenue la bénéficiaire d'un don étrange, celui de prédire certains faits rien qu'en soulignant des noms dans les quotidiens qu'elle épluche de la première à la dernière ligne. Pendant quelque temps, les noms soulignés sont ceux des gagnants des courses de lévriers du lendemain, mais un jour, c'est celui de Sylvia Lims qu'elle met en évidence, Sylvia Lims que le facteur découvrira le lendemain pendue chez elle. Inquiet, Sylvain Mark décide alors de faire appel à quelqu'un de discret pour essayer de comprendre ce qui se passe. Ce sera Jack Lord, journaliste peu fréquentable, mais dont il a entendu parler quand celui-ci était le mari de la gracieuse Lady Elza Rochester. Jack est tout d'abord particulièrement intéressé par la capacité de Victoria à prédire les gagnants des courses parce qu'il est lui-même joueur, endetté jusqu'au cou et qu'il espère bien tirer parti du "pouvoir" étonnant de la jeune fille. Il ne peut cependant pas imaginer, lorsqu'elle lui indique un horaire, qu'il s'agit de celui du train Londres - Cardiff de 8h47 et que ce train déraillera bel et bien le lendemain. Quelle est donc la nature exacte du don de Victoria ? Pourquoi voit-elle certains faits et d'autres pas ? Y a-t-il un lien entre ces différents événements ? Jack Lord aura fort à faire, d'autant qu'il essaie parallèlement de reconquérir l'amour de Elza Rochester, sa très chère ex-épouse...

La série "Les Rochester" avait débuté aux éditions Casterman avec la publication des deux premiers albums "L'Affaire Claudius" et "Claudius ne répond plus". Elle se poursuit dorénavant chez Dupuis, dans la collection Repérages. Les héros récurrents de cette série sont un couple de divorcés : Lady Elza Rochester, jeune femme charmante issue de la meilleure société, et son ex-mari Jack Lord, journaliste sportif interlope, expert en courses truquées, un homme somme toute peu fréquentable, tout à la fois fort débrouillard et porté sur la bouteille, un homme sans véritable principe moral et passant plus de temps sur les terrains de course qu'à la rédaction du journal qui l'emploie, mais finalement un type foncièrement honnête. Le couple est séparé, parce que vraiment trop mal assorti ; mais la passion est la passion : l'aristocratique Elza et le populaire Jack ne peuvent pas se passer l'un de l'autre. Le scénario de "La liste Victoria" nous offre un récit prenant, habilement construit et plaisamment conté. Il est fait d'un mélange subtilement dosé de drame familial, d'aventures fantastiques, de comédie amoureuse, le tout généreusement saupoudré d'humour anglais, oscille entre paranormal et réalité sordide. En dire plus serait par trop déflorer l'histoire. L'intrigue imaginée par Jean Dufaux repose sur d'étranges prédictions : une jeune demoiselle souligne dans la presse quotidienne les futurs gagnants aux courses de lévriers puis les futures victimes de meurtres et d'accidents. Il s'agit là bien sûr d'une intrigue policière mais dont le suspense se retrouve vite relégué au second plan. Ce qui prime : une ambiance feutrée et "deliciously so british" dans laquelle évoluent des personnages au comportement typiquement anglais, et une comédie sentimentale qui se laisse savourer comme une friandise pour gourmet et dont la cerise sur le gâteau est sans conteste les relations que tissent entre eux Jack Lord et Elza Rochester. Le dessin efficace de Philippe Wurm - dont le trait à la fois sûr, précis, esthétique et élégant, demeure des plus classiques - une très jolie ligne claire rehaussée par une mise en couleurs adaptée, convient parfaitement au scénario et rend agréablement bien les ambiances anglaises.

On se laisse facilement prendre par cet album sympathique. Détente garantie !

MGRB


Blue Harmonica

Jean DUFAUX, RENAUD

Dupuis, 2003
Vingt-deuxième tome de la série : "Jessica Blandy"



New York sous la neige... Blue Harmonica est un homme bien étrange, un musicien qui fait pleurer le blues sur son instrument... mais aussi un tueur professionnel qui assassine à la commande. C'est un certain Mister Chance coiffé d'un haut de forme qui, en venant l'accoster pour lui remettre l'arme du crime, l'informe aussi du nom de sa victime. Ne lui reste plus ensuite qu'à asséner le coup fatal. Calmement, posément, sans le moindre état d'âme... C'est ainsi que Blue se rend dans le métro, flingue Louis Berich, un mendiant qui dormait là et abandonne près du cadavre le revolver sur la crosse duquel a été gravé le nom du défunt. En trois ans, procédant toujours de la sorte, notre joueur d'harmonica a déjà exécuté plusieurs dizaines d'individus. La police bien sûr enquête sur ces assassinats, mais ne progresse guère : pas d'empreintes, pas d'indices, pas de témoins susceptibles de décrire le mystérieux tueur, les exécutions ne semblent relever d'aucune logique. Pour tout dire, elle patauge lamentablement jusqu'au jour où le hasard va placer Jessica Blandy sur le chemin du tueur. Pour l'heure, elle mange tranquillement au comptoir d'un restaurant routier. Lorsqu'elle sort de l'établissement, elle est accostée par Blue qui la prend pour sa nouvelle victime avant de la quitter, certain de sa méprise. Quelques secondes plus tard, une détonation retentit. Jessica rebrousse chemin et découvre Stella Lamb, la jeune femme qui était sa voisine au restaurant, étendue morte dans la neige, le revolver gravé à son nom non loin de son cadavre. Interrogée par la police, Jessica qui a beau se torturer les méninges ne parvient pas à décrire l'homme avec lequel elle a échangé quelques mots...

Ces exécutions en série ne sont semble-t-il pas près de s'arrêter. Tout va pourtant se précipiter dès lors que notre héroïne parvient à se souvenir, qu'elle tente de comprendre et de retrouver cet homme aussi mystérieux qu'insaisissable qui en donnant la mort semble soulager des victimes apparemment consentantes. Commence alors une course poursuite effrénée contre la mort. Avouons-le d'emblée : le vingt-deuxième tome des aventures de Jessica Blandy s'impose tel un album pas très moral mais vraiment très réussi ! Pour le moins étrange et singulier, le scénario tendu de Jean Dufaux est bien maîtrisé, haletant à souhait. Il éveille très vite la curiosité du lecteur, happe son intérêt des premières pages au dénouement. Mené tambour battant, crédible et cohérent, parfaitement équilibré dans son dosage d'ingrédients réalistes, mystiques et extraordinaires, l'auteur nous propose un thriller fantastique passionnant, plein de mystère, sur lequel l'angoisse et la mort règnent en maîtres, une histoire néanmoins non exempte de poésie et d'une certaine douceur. Et que dire des personnages sinon qu'ils sont eux aussi captivants ! L'héroïne, bien sûr, toujours aussi belle et que l'on découvre de plus en plus humaine puisque avouant une ancienne dépression, un penchant pour l'alcool et une attirance certaine... pour Blue, l'homme à l'harmonica, personnage lui aussi intéressant et fascinant, étrange individu qui offre la rédemption à coups de revolver. Mais également l'énigmatique Mister Chance dont les apparitions régulières rythment l'aventure... Côté graphisme, Renaud donne la pleine mesure de son talent. Son dessin réaliste qui magnifie la beauté féminine - et celle des décors - fait merveille et la palette des couleurs à dominantes vertes et bleues restitue l'ambiance irréelle et le climat glacé d'un New York hivernal et enneigé.

Un album de qualité, plaisant. Une lecture fort agréable.

MGRB

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