L'Ile aux femmes

ZANZIM

Glénat, 2015



Malgré son prénom plutôt féminin, Céleste Bompard, est un homme. Un beau gosse aussi : genre aviateur, as de la voltige et plutôt branché gonzesses. Victime d'un tir ennemi, durant la première guerre, il s'écrase sur une ile qui n'est peuplée... que de femmes. Le rêve pour un joli coeur de ce genre. En fait pas franchement, car dans cette société féminine, seuls survivent deux hommes qui vaquent aux tâches ménagères et à la reproduction. Quant à la reproduction, les femmes n'hésitent pas à amputer d'une jambe l'étalon le plus ancien afin qu'il soit plus doux...

Plutôt pas mal cet album. La situation est originale : comment le joli coeur va-t-il vivre dans cet environnement fait pour les femmes ? Le nouveau Robinson Crusoé devient l'esclave des Amazones, étonnées par son talent culinaire. Mais un autre défi l'attend : ces dames lui commandent une belle histoire à raconter chaque soir. Au cours de l'histoire présente, quelques retours en arrière dévoilent les essais amoureux, pas toujours réussis, du jeune Céleste.

Le dessin est souvent anguleux : le héros est un grand maigre au physique sec. Les couleurs conservent un teint franchement mat qui laissent l'ensemble peut-être un peu froid.

Original dans le scénario et intéressant.

Marc Suquet


  

La sirène des pompiers

HUBERT, ZANZIM

Dargaud, 2006
Collection Poisson Pilote



Gélinet, un peintre sans grande imagination du Paris du début du siècle, reste fort peu apprécié de la critique et notamment de l'intransigeant Fulmel. Prêt à se suicider, il tombe sur une sirène en mal de Paris et qui le sauve de la noyade. La représentation de la sirène l'entraîne sur les chantiers de la gloire artistique et ce d'autant plus que ce premier succès va déclencher une mode, le tout Paris souhaitant se faire représenter avec un corps de sirène.
Mais Gélinet prend la grosse tête et la sirène s'en détache, préférant des peintures plus simples, mais qui lui parlent.

C'est mignonnet : l'histoire est gentillette avec le bien d'un coté sorti de l'océan et le mal de l'autre, l'imbécile Gélinet qui se laisse monter la tête par une société faite d'artificialité. L'histoire ne possède pas grand rebondissement : c'est celle de la gentille amante qui va aimer son pur héros alors que celui-ci va progressivement la délaisser, ingrat qu'il est, le salaud ! Bien sûr, la sirène reviendra à la mer puis séduira un jeune peintre tout de pureté vêtu. C'est un peu enfantin.
Les personnages sont caricaturaux, campés dans leurs rôles de bien ou de mal. Le dessin est simple et sans trop de détail. Alors on ne s'y embête pas mais mignonnet est bien l'impression que l'on conserve à la sortie de la lecture de cet album.

Marc Suquet

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