Le chien tchétchène

Michel MAISONNEUVE

Actes Sud, 2006
coll. Babel noir, 242 pages, 7,50 euros
Réédition d'un roman publié aux éditions Gaïa en 2005.



Hassan : drôle de nom pour un chien ! Mais bien sûr, il ne s'agit pas de n'importe quel renifleur de plot en béton ; Hassan est un symbole, grâce à lui les libérateurs du peuple tchétchène vont pouvoir continuer la révolution contre l'oppresseur Poutine. Hélas, une si belle destinée canine ne peut garantir des jours paisibles à l'entourage bipède de ce Che débordant d'énergie pour tout ce qui concerne la chasse au lapin. Un beau jour on retrouve la mamie d'adoption de Hassan tuée dans son petit deux-pièces d'un quartier populaire marseillais. Il n'en faut pas plus pour qu'une épopée démarre en plein coeoeur des tours du Frais-Vallon. Des agents russes, un vieux menuisier grec et sa flamboyante fille, Dachi El Ahmed le philosophe et son maître à penser Omar Khayyâm, des reporters plus ou moins déçus de l'existence, un sioux d'origine corse, un chef de la révolution tchétchène et la SPA vont se mêler de bien des manières autour et à la poursuite de Hassan, en une course drolatique qui finira de façon plus ou moins heureuse pour tous ses protagonistes !
Voilà une façon bien plaisante de tuer deux heures d'hiver pluvieux. Michel Maisonneuve sait rendre attachants son héros philosophe et ses amis prenant part avec leur bel amour de la liberté à la grande Histoire. Des aphorismes orientaux ponctuent le récit et éclairent avec humour ce polar pas trop noir parfumé au pastis et aux zakouskis. La galerie des personnages secondaires est joyeusement loufoque et ne déparerait pas dans une adaptation de Guy Ritchie (qui a commis entre autres Snatch et Arnaques, crimes et botanique). Pour la détente et la fluidité de la narration, un bon cru que ce chien des steppes.

Marion Godefroid-Richert

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