Nell'Acqua

Lorenzo MATTOTTI

Casterman, 2005
80 pages, 24,75 euros
Traduit de l'italien.



Ouah ! et re-ouaaaahhh ! Comme d'habitude Mattotti est éblouissant de maîtrise technique. Le pastel, la peinture à l'huile, le crayon, la plume et l'encre... un enchantement visuel à chaque page. Chacune des planches de cet album d'illustrations est une réussite. Un poème simple rythme de ses mots les douces nuances de ces corps enlacés suspendus dans l'eau entre ciel et terre. Le dessinateur nous livre là son interprétation personnelle de l'amour naissant entre deux êtres. L'album est à feuilleter comme un livre d'image, pas comme une bande dessinée. Il trouve pourtant sa place parmi nos sélections mauvais genriennes ; l'art pictural y est célébré de manière différente, non narrative mais illustrative. N'en déplaise à certains, cette oeoeuvre-là s'adresse à tout le monde et pas seulement aux jeunes mariés perdus dans la niaiserie gluante des premiers mois de la vie à deux...

Marion Godefroid-Richert


Deux corps nus, contours aux formes douces, tout en rondeurs, sensuellement enlacés dans une langoureuse, une voluptueuse étreinte aquatique, se soudent étroitement l'un à l'autre, se séparent pour mieux se rejoindre, s'aiment sans contrainte... Un homme (le narrateur) et son aimée, lui aimanté par la beauté attractive de son amante, éperdu d'amour, fougueux, vertigineusement passionné. Peau contre peau, concentrés sur eux-mêmes, unis dans un baiser qui n'en finit plus. Mêlés dans un corps à corps qu'on dirait suspendu hors du temps, flottant légers et aériens, affranchis de toute gravité, dans l'immensité océane que ne viennent limiter qu'un rivage à peine suggéré et l'horizon où le ciel plonge et cherche à se fondre dans la mer. Tous deux paraissent vivre une parenthèse unique et merveilleuse ouverte dans l'éternité du temps qui passe. Le jour, le soir, la nuit, le lendemain dès l'aube, comme étreints à tout jamais et pour toujours. Douceur des corps qui se frôlent, se caressent, puis communient dans la violence de la fusion et de la jouissance charnelles, se laissant emporter sans réserve dans le tourbillon des sens exacerbés. Entraînant l'amante, soumise et consentante, l'homme semble vouloir se laisser sombrer, noyer dans l'étreinte, comme aspiré vers les profondeurs marines. N'apparaissent alors plus que les visages et les épaules d'albâtre des deux amants intimement, inlassablement, inextricablement accolés, attachés l'un à l'autre. Plus rien au monde n'existe plus qu'eux...

Dans un esprit voisin du New York sur Loire de Nicolas de Crécy, publié dans la même collection, cet ouvrage propose un recueil d'illustrations de Lorenzo Mattotti, pour la plupart inédites. Ces images sensuelles - chacune a la splendeur d'un tableau - qui mettent en scène les ébats amoureux d'un couple dans l'eau font écho à la sortie sur les écrans, à l'automne 2005, d'Eros, un film cosigné par trois cinéastes : Michelangelo Antonioni, Wong Kar Wai (In the Mood for Love), et Steven Soderbergh (Ocean Twelve), film sélectionné pour le festival du film de Venise et dont Lorenzo Mattotti a par ailleurs réalisé l'affiche, le générique, les interludes, le dossier de presse, etc. Le film et l'album s'inscrivent dans un même continuum. Lorenzo Mattotti s'est en effet imprégné de l'univers sensuel et érotique de ces trois réalisateurs pour créer l'affiche de ce film, avant de poursuivre l'aventure en continuant à explorer les possibilités graphiques offertes par ce couple qui s'enlace. Une exposition d'originaux à Paris, à la galerie Christian Desbois, achevée à ce jour, accompagnait également la sortie du livre et du film. Eh, bon Dieu que tout cela est beau, admirable, hypnotisant, envoûtant, fascinant, inoubliable ! Une fois encore, puisque la magie opère immanquablement avec les créations graphiques de cet artiste immensément talentueux ! Le contraire du reste eût été bien surprenant... On flotte agréablement entre onirisme et réalisme, on se laisse emporter... L'exercice de style auquel Lorenzo Mattotti se plie ici, une fois encore, variations sur le thème de l'accouplement amoureux porté par le courant marin, lui offre l'occasion de laisser éclater toute sa virtuosité, depuis sa maîtrise des techniques, encres, lavis, pastels, fusain, crayon..., des couleurs, en passant par la dextérité de son trait, la sensibilité, l'efficacité, la délicatesse et le dynamisme de son dessin, son graphisme élégant et sensuel, épuré, à nul autre comparable et son rendu subtil des ombres et des lumières, jusque dans le soin et l'esthétisme qu'il apporte à ses compositions, sans cesse renouvelées, toujours éblouissantes.
On plonge dans ce somptueux album avec délice, tous les sens en alerte. Car c'est d'amour qu'il est question ! De sentiment, d'harmonie, de désir insatiablement inassouvi, d'érotisme d'extase et d'abandon des sens. Tout un programme, et qui ne peut laisser personne insensible... Du grand art, bravo, on en redemande !

Arlette Julien


C'est très mono dessin : le même couple enlacé dans des poses différentes dans l'eau. C'est beau au début mais après 77 pages des mêmes dessins c'est assez lassant ! Et ce même s'il y a un peu de variation dans les positions adoptées par le couple ou le paysage en 2e plan. Même le texte qui accompagne les photos n'est guère intéressant. Joli un peu, lassant beaucoup !

Marc Suquet


Variations autour d'un même motif : un couple qui s'enlace nu dans l'eau.
Superbe évocation d'un moment d'Amour où chaque illustration au pastel m'a fait plaisir. Les encres par contre me touchent moins.
Les textes quant à eux n'apportent rien et même dans beaucoup de cas sont en trop !
Ceci dit ce n'est pas un livre que je classerais dans les BD mais plutôt dans les bouquins d'Art... L'Art serait-il un Mauvais Genre ? ? ?

Annecat

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