Saucisse dans le métro

Serge SCOTTO

Jigal, 2004
7,50 euros



Les chroniques du Politichien, sur des sujets aussi divers que : comment se faire des ennemis, entre chiens et chats, Big brother ou Stairway To Heaven.
Une idée sympa et pêchue. Voir la vie par le bout du museau. Décrivant les travers petits et grands de la société, ce bouquin plutôt sympa rassemble des chroniques parues pendant un an dans le mensuel gratuit Métro. Y sont assénées des vérités telles que : " Pour l'Histoire, j'écrirai quand même que les animaux n'ont jamais pourri cette terre polluée jusqu'à l'os et dévastée par l'homme, où nous cohabitons ! " De la liberté de faire caca : c'est l'article 1er du Président saucisse. De nombreux problèmes sont abordés : problèmes de places de parking dans le centre-ville, tri sélectif, sécurité, SNCF, navette spatiale, Sadam, Bush.
Serge Scotto est un auteur de polars : Le crapaud qui fume, Le soudard éberlué et Alerte à la vache folle. Saucisse, lui, a été recueilli dans une poubelle, emmené à la SPA plein de plaies où il attendra huit mois que les éditions L'écailler du Sud le recueillent comme mascotte : les auteurs marseillais de polars l'adoptent et le rebaptisent Saucisse. Le chien Saucisse se présentera aux élections municipales l'année suivante avec un certain succès puisque l'animal ravira aux politiques 4 % des suffrages exprimés... Le 14 septembre 2000, inauguration du " Cercle des amis du chien Saucisse ", sis dans les locaux de l'Abbaye de Thelème, au 7 rue des trois mages, Marseille 6e.

Marc Suquet


Ca commence bien, l'idée est sympa : la vie des hommes par le petit bout du museau. Il est vrai que le teckel ne risque pas de nous prendre de haut, quoi que... Le bouquin ne manque pas de mordant, même si je soupçonne le traducteur-maître d'avoir glissé un ou deux chapitres qui relèvent plus de préoccupations citadines que canines ! Petits et grands travers de notre société passant à la trappe, SPA, suicide, prix Nobel et couche d'ozone... Un bien énervé, notre chien Saucisse, qui a bien souffert et qui par son statut de miraculé post-pitbull a pris de la hauteur. Plume vindicative et verbe léger pour un pamphlet avec un angle de vue différent de nos habitudes. Un ras-le-bol du " ne vous inquiétez pas, c'est pour votre bien ! ".
" Il y a toujours un bon sentiment pour justifier les pires idées... c'est de la Vaseline ! "
Seul regret, c'est que notre chien Saucisse lève plus facilement la patte droite pour faire dans le caniveau... Un chien engagé ? Ca doit être de l'humour chien.

MGRB


Nous serons les rois de Marseille

Serge SCOTTO

L'Ecailler du Sud, 2004
Coll. Poche. 7 euros



L'histoire commence par claquer comme une gifle, gifle de la rupture entre Stradi et Tino qui entraîne ce dernier dans un désespoir ponctuel : ce fils à papa s'en jette en Jaguar d'une route de corniche. On le retrouve fracasse, mais pas trop, au bout du fil, appelant son copain Nikita, nettement moins gâté par la vie et méfiant car il se fait toujours piquier les cagoles bien carrossées qu'il a levées par ce fameux Tony dont l'argumentaire se résume à une belle carrosserie de bagnole et ce qui va avec le fric facile. Pour rebondir, ce Tino veut embarquer Nikita dans un projet immense qui fera d'eux les rois de Marseille : les rois de la nuit aux manettes d'une boîte de nuit super pensée dans l'ancien arsenal des galères sur le vieux port.
On assiste donc à l'élaboration du projet, à sa fabrication et à l'ouverture de la boîte où les deux associés, qui n'en sont pas vraiment, paradent au coeur de la nuit marseillaise, toujours entre deux cagoles, entre deux super plans foireux.
Rien n'est grave dans ce récit, malgré un départ ultra dramatisé qui laissait attendre une tragédie noire : Scotto a le talent de suspendre notre attention à ses phrases piégeantes, phrases souples mais aussi courtes et nerveuses qui nous embarquent dans le pur plaisir d'une histoire beaucoup plus légère qu'on ne l'aurait cru, où l'on rit de voir les cadors déconfits. Un très bon moment à passer !

MGRB

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