Mon nom est Titan (Nouvelles au fil du temps — 1987-1996)

Robert SILVERBERG

J'ai Lu, 2006
coll. Science-Fiction, 858 pages, 10,40 euros



Voici réunies dans un format de poche un bon nombre de nouvelles de ce grand écrivain de science-fiction qu'est Robert Silverberg. Contemporain et ami d'Isaac Asimov, nouvelliste de talent, il présente chacun des récits de ce recueil en en restituant (un peu) le contexte historique et/ou en livrant des anecdotes relatives à l'écriture des textes. Cela en enrichit considérablement la lecture ! Outre, bien entendu, l'intérêt intrinsèque des histoires racontées . Il serait fastidieux de résumer chacune d'entre elles, on se bornera à souligner la variété et l'originalité des postulats de départ des élucubrations scénaristiques de l'auteur (un adolescent anorexique dont la perte de poids a pour but de le transformer en particule pour voyager à l'intérieur de son ordinateur, un meurtrier qui part en cavale parce que la rétine de sa victime conserve son image en train de le pousser dans le vide, etc). La lecture de cet ouvrage est très plaisante et a le mérite d'offrir un panorama assez complet du talent de RS. Bientôt un classique !

Marion Godefroid-Richert


Roma Æterna

Robert SILVERBERG

Robert Laffont, 2004
coll. Ailleurs et Demain, 22,00 euros



Roma Æterna est l'histoire de Rome telle qu'elle aurait pu être. En inventant des empereurs capables de maintenir la cohésion de cet empire immense, l'auteur fantasme sur le destin grandiose de cette nation dont l'hégémonie s'étend sur plus de deux millénaires et sur tous les continents. Sous forme de nouvelles plus ou moins longues, l'histoire de l'empire est détaillée en tableaux successifs, dans l'ordre chronologique. sur un ton souvent cruel, ces petits récits font état de destins particuliers qui se noient dans une perspective plus grande, chaque romain étant toujours une part du destin de son peuple et dépassé par celui-ci.
Le livre de Robert Silverberg a la force et la faiblesse des recueils de nouvelles. Celles-ci sont souvent bien troussées et illustrent parfaitement le propos de l'auteur : le concept qui a présidé à l'édification de l'empire romain (conquête guerrière, puis culturelle des pays-proies et enfin absorption à double sens) aurait pu changer la face du monde. Malheureusement, on a à peine le temps de s'attacher aux personnages qu'ils sont engloutis et passés à la moulinette de la grande fresque historique silverbergienne. Cela n'empêche pas de trouver toutes ces élucubrations romaines intéressantes. Une belle performance.

Marion Godefroid-Richert

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