Parker - Le Chasseur

Tonino BENACQUISTA, Darwyn COOKE, Richard STARK

Dargaud, 2010



New York, 1962 : Parker est un truand qui, sorti de prison, vient se venger de ses ex, partenaires comme copine. Les deux l'ont en effet trahi dans une affaire qui l'a amené derrière les barreaux.

Le perso de Parker a été créé par Richard Stark (alias Donald Westlake) en 1962 et une série a suivi. Plusieurs romans ont été adaptés au cinéma avec Lee Marvin en 1967 ou Mel Gibson en 1999.

Parker, c'est le genre de gars à qui on ne la fait pas : froid, sûr de lui, violent. Le mec qui vide une bouteille de whisky dans sa chambre d'hôtel et la balance par la fenêtre sur le mur d'en face ! Bref, le type qu'on fuit, surtout quand on lui a fait une crasse. Alors, quand il sort de prison, l'est visiblement un peu énervé, le gars, contre ceux qui l'ont trahi. Et gare à ceux qui se dressent sur sa route ! Parker n'hésite pas à les éliminer à mains nues, au couteau ou avec un flingue, mais toujours avec violence, calme et froideur.

J'ai bien aimé ce polar noir édité par Dargaud. C'est du vrai noir, avec des persos très style : depuis Lynn, la gonzesse un peu blonde, un peu coureuse qui tremble devant son mec, jusqu'à Mal Resnik, le dégonflé qui fait capoter les transactions.

Le bouquin a du rythme dans ses scènes d'action, mais sait aussi le ralentir dans ses parties narratives. Coté dessin, tout est en bleu/vert et noir, version années 60. Parfaitement adapté au style du bouquin.

Du bon noir, quoi ! A lire Le Chasseur, on se voit déjà dans un bon polar noir et blanc des années 60. Paraît que d'autres tomes seraient sur le feu. Bonne nouvelle !

Marc Suquet


  

Dieu n'a pas réponse à tout (mais IL est bien entouré)

BARRAL, Tonino BENACQUISTA

Dargaud, 2007
14 euros



De courtes histoires où un humain lambda est bien triste, ou à qui il arrive plein de malheur bien qu'il soit fort méritant. Dieu dans son beau bureau de PDG du "Paradis incorporated" se dit qu'il faut qu'il fasse quelquechose, mais quoi ? Heureusement, il a un listing très fourni de gens ayant été célèbres de leur vivant pour des talents rares ou particulièrement développés, et qui sont maintenant assis comme le dit la chanson, à la droite de cézigues. Il n'a donc plus qu'à trouver celui qui sera le plus à même d'aider le pauvre mortel en difficulté, et hop ! Le tour est joué. Il y aura donc tour à tour Freud, Al Capone ou bien Marilyn Monroe appelés à la rescousse par Notre Seigneur, béni soit son nom, et qui développeront leurs talents une ultime fois pour la plus grande gloire du Très Haut et accessoirement un petit havane ou une cure de jouvence, c'est selon.

On adhère ou pas au postulat humoristique des deux compères. Si on est hermétique (et vous devinerez rapidement de quel côté j'ai penché) on trouve la lecture de l'ouvrage fastidieuse. Car enfin, si le but n'était pas d'être drôle j'ai complètement séché sur la signification des morales distillées par chaque entreprise de sauvetage par un personnage célèbre. Ni chronique sociale, ni démonstration morale, pas le moindre gag (en tout cas je n'ai pas ri)... Je ne dirai pas que c'est nul, je passe simplement complètement à côté. Je peux juste dire que je n'ai rien aimé, et en sus que je n'y ai probablement rien compris. L' histoire par exemple d'un groupe de SDF dans un terrain vague. Laissés-pour-compte de la société, ils sont invisibles aux yeux de leurs contemporains. Soit. Dieu leur envoie Louis XIV. Re-soit. Le roi-soleil les aide en leur permettant de se fédérer dans un premier temps, puis de créer un parti politique, puis enfin de prendre place au sein de l'assemblée nationale et donc de ce fait au sein de la nation. Bon. Et après ? Ben il remonte au Paradis et dans sa grande suffisance décide qu'il ne désire aucune faveur en échange de ce service rendu. Vous trouvez le "pitch" drôle ? Edifiant ? Prière de m'envoyer l'explication sur le site afin que je ne meure pas idiote, le webmaistre fera suivre.

Marion Godefroid-Richert


Des problèmes sur la terre, dépression nerveuse, économie ou encore politique, sont résolus par Dieu qui envoie en direct du paradis, des personnalités considérées, lors de leur vivant, comme des spécialistes du problème.

La BD est conçue sur la même construction : l'exposition du problème, l'intervention de Dieu expliquant sa mission à l'élu et le travail sur terre de ce dernier. 6 histoires sont construites sur ce même plan. L'idée est plutôt sympathique. Dieu ne sait pas tout, il doit déléguer à quelques pensionnaires du paradis, plus branchés par le problème. C'est ainsi que Dieu envoie sur terre, Sigmund Freud, Marylin Monroe, Homère, Louis XVI, Al Capone ou encore Mozart lui même.
L'album s'achève par un retour aux problèmes de tous les jours et l'impuissance constatée par Dieu, face à ces montagnes de questions.

C'est sympathique et pas désagréable. Mais une fois que l'on a compris le montage, il devient un peu lassant. Le dessin ne révèle pas de surprises ou originalités.
Un tome 2 fait entrer en scène Michel-Ange, Agatha Christie, Cyrano de Bergerac, Fred Astaire et Hemingway. J'ai craint que cela fasse un peu trop.

Marc Suquet


  

Le serrurier volant

Tonino BENACQUISTA, Jacques TARDI

Estuaire, 2006



Marc habite en banlieue de Paris. Il mène une vie tranquille.

" Il s'était toujours contenté de ce qu'il avait et n'aspirait à rien de mieux que ce qu'il était déjà : un homme ordinaire. "

Mais cela ne va pas durer... Tout d'abord, un choc : employé comme convoyeur de fonds, son fourgon se fait attaquer par des braqueurs. Résultat : ses deux collègues meurent. Lui est gravement blessé.

Il connaît alors une longue période de rééducation et de déprime. Il change complètement de vie, rompt avec tout son entourage, et choisit un nouveau métier : celui de serrurier volant. Avec son scooter, il arpente les rues de Paris au secours de ses clients. Ce métier lui permet de s'assurer une instabilité qui lui convient bien : la possibilité d'aller partout où il veut, de ne jamais se poser nulle part, de vivre de jour comme de nuit sans contraintes d'horaires.

En réparant des serrures et en ouvrant des portes, il entre dans l'intimité de ses clients et découvre d'autres misères, d'autres soucis que les siens. Il rencontre ainsi une femme, qui a besoin de son aide, et qui va lui redonner goût à la vie. Et puis un jour, il reçoit un appel d'un client très spécial, qui le ramène des années en arrière au moment de son " accident ". L'heure de la vengeance a sonné...

Il s'agit d'un " carnet littéraire ", un roman illustré au petit format, qui raconte l'histoire d'une longue thérapie, d'un retour à la vie après un choc physique et surtout psychologique très fort. Un voyage intérieur à travers la conscience d'un personnage. L'écriture est à la fois simple et profonde, et sonne juste. Les dessins de Tardi, couleur sépia, participent à créer une ambiance sombre et envoûtante.

Un très bon livre, émouvant, à dévorer d'une traite.

Mona Abautret

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