Métropolitain

Yan MARCHAND

Griffe d'Encre, 2007
54 pages.



Alors qu'il se rend à son travail, un homme sent un chien lui mordiller le mollet avec de plus en plus d'insistance, au point de ne plus vouloir le lâcher. Après une journée à reluquer sa collègue Marie, assise à l'autre côté du guichet de la banque où il est employé, il se rend compte avec agacement que l'animal l'a attendu devant l'établissement. C'est ainsi que, plusieurs jours de suite, il se fait déchirer son bas de pantalon par ce chien obstiné, jusqu'au moment où, n'y tenant plus, il précipite d'un coup de savate la sale bête sous une rame de métro. Il croit s'être débarrassé de la source de tous ses ennuis. Il se trompe.

Quelle bonne surprise que ce petit livre ! Issue d'une toute jeune maison d'éditions comptant à peine quelques titres à son catalogue, cette novella (premier texte publié de l'auteur) est un petit bijou d'originalité, de sensibilité et d'humour noir et corrosif. On y retrouve un sens de l'absurde qui pourra rappeler certains textes de Kafka ou Ionesco, avec une profonde réflexion sur les rapports à l'autre, dans le travail, la société ou la vie à deux. Amoureux transi de sa collègue, le héros (ou anti-héros, mais homme de goût tout de même - ha ha !) finit par la " séduire " de la plus abominable des façons, instaurant ainsi une relation ambiguë, abominable, contre nature. On pourra extrapoler à l'envi sur l'impossibilité de la communication, la violence de la séduction, l'abandon de soi.
L'auteur est brestois. S'il lit ces lignes, qu'il n'hésite pas à venir nous rendre visite !

Mikael Cabon


Romuald passe inaperçu, il rentre dans le moule des travailleurs de tous les jours qui prennent le métro-boulot-dodo.
Romuald aime, désire Marie, guichetière comme lui, mais ce désir n'est pas partagé.
Romuald est une personne parmi d'autres.
Jusqu'à ce matin : Un chien lui mordille le mollet et ne veut plus le lâcher !
Le soir, c'est pareil?
Moquerie de Marie, regards biaisés des gens, remarques de son chef de service?
Romuald essaie de se débarrasser de ce boulet !
Mais quand il y arrive, et croit être débarrassé de cette plaie? Il se trompe.
" Un matin, dans le métropolitain? Une morsure à l'épaule "
Romuald ne passera plus inaperçu, il sera " comblé " au delà de ses désirs?

Nouvelle vision d'un thème classique du fantastique ; Métropolitain nous prend à la gorge. La vie est glauque, le monde individualiste et l'âme humaine n'est plus. Yann marchand nous entraîne au tréfonds de celle ci. Nous avons tous besoin de quelque chose, mais jusqu'où allons nous pour l'avoir ? Et quels sont les revers de la médaille ? L'homme est-il rendu à ce point animal ? Selon l'auteur oui?.

A lire de toute urgence pour se dire qu'il reste, peut être, un espoir

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