Aquaforte

K.J. BISHOP

L'Atalante, 2006
Traduit de l'anglais. Première parution dans la langue originale en 2003.



Sur un continent dévasté par une révolution qui avorte sous les coups d'une armée puissante fuient deux personnages alliés malgré eux dans l'adversité : Raule la chirurgienne itinérante et Gwynn le mercenaire. Ils sont séparés entre autres par des conceptions radicalement différentes de la vie, de la morale, de l'avenir. Les persécutions les forcent cependant à s'aider pour préserver au minimum leur vie. Leurs aventures les conduisent jusqu'à une cité épargnée par la guerre et où leurs visages sont inconnus, Escorionte. Leurs chemins s'écartent alors peu à peu l'un de l'autre. Tandis que Raule s'installe dans un dispensaire au coeur d'un quartier pauvre, Gwynn retrouve un vieux compagnon d'armes et entre au service d'un malfrat fortuné à la tête d'un des clans les plus puissants de la ville, devenant ainsi un riche citoyen respecté autant pour sa fortune que pour son épée. Leurs destins parallèles se mettent alors en lumière l'un l'autre : Raule mène des recherches scientifiques discrètes sur les nouveaux-nés malformés de son voisinage, qui sont inhabituellement nombreux. Gwynn quant à lui rencontre au gré d'un parcours mystérieux une artiste étrange, Beth, qui va le mener sur une voie quasi-surnaturelle de transformation personnelle. Leurs destins vont définitivement les écarter l'un de l'autre quand ils seront obligés de quitter Escorionte après moult péripéties.

Voici un premier roman tout à fait intéressant. Ses trois parties sont très distinctes : la première a de lointaines accointances avec Le pistolero, (de Stephen King, premier tome de sa saga sur la tour sombre ) où un personnage énigmatique traque à travers un désert fantastique une sorte de diable humain. La deuxième en revanche ne rappelle rien de connu. L'auteur y met en lumière deux caractères très différents qui se mettent réciproquement en valeur. La part est faite belle à ce mercenaire séduisant et désespéré dont un prêtre licencieux essaie de sauver l'âme et qu'un succube roux entraîne sur la voie du fantastique et de l'onirique. La femme médecin en revanche reste dans l'ombre de la cité, condamnée sur l'échelle sociale de par sa nature de femme, d'étrangère, de moraliste humaniste et rigoureuse. Son refus de la compromission la conduira pourtant vers une sorte de paix et de sérénité en achevant sa vie parmi les nomades du désert où lui sera enseigné le chamanisme, qui va remplacer peu à peu sa science médicale très rationnelle. L'auteur a ici une manière subtile de finalement réserver un meilleur sort à son personnage féminin qu'à son personnage masculin, à qui il est offert dans la troisième partie plusieurs destins possibles.

Un écrivain à suivre...

Marion Godefroid-Richert


Gwynn, aventurier venu des neiges du Nord et Raule guérisseuse se retrouvent quelque temps après avoir servi ensemble la révolution contre le pouvoir en place. Tous deux, poursuivis par les forces de l'ordre rétabli parcourent la Contrée des Cuivres. Ils finissent par échouer à Escorionte, cité gigantesque où Gwynn trouve un emploi d'homme de main et Raule de médecin pour les plus pauvres. Dans sa recherche de lui même, Gwynn va croiser la route de Beth, artiste de l'étrange. Ces deux personnages vont-ils trouver ce qu'ils cherchent, ce qu'il est pour l'un et un sens à sa vie pour l'autre ?

Quel roman étrange que celui là... Ni roman de fantasy, ni roman d'aventure, ni roman tout court, mais plutôt catalogue non exhaustif des turpitudes de l'âme humaine et de la désespérance. Il aurait pu être d'une grande force, il n'a été pour moi que brouillon et confus... Attention aux amateurs du genre, à lire absolument peut-être, MAIS avec le bon état d'esprit !

Annecat

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