Socrate le demi-chien tome 2 - Ulysse

Christophe BLAIN, Joann SFAR

Dargaud, 2005



Socrate et son maître Héraclès sont à Ithaque. La tendance à soliloquer du premier et les appétits charnels du second vont les jeter de nouveau sur les routes et un bateau en partance. Ils rencontreront en chemin le roi Ulysse qui a déserté son île pour cause d'ennui et le cyclope Homère à l'oe'oeil crevé. Sexe, philosophie et goût du sang se télescopent pour donner le plus fabuleux et misérable destin à Socrate, le chien le plus intelligent du monde qui sait même parler...

Un chien qui parle, voilà l'exact pendant du chat du rabbin que Sfar a déjà mis en scène dans trois albums. Ce héros animal-ci est aussi aventureux et dépendant de la compagnie des hommes que le félin sus-cité est pantouflard et amoureux uniquement de sa maîtresse. Là s'arrêtent les lieux communs : Socrate joue le rôle d'instrument du destin pour ses maîtres successifs, de sa gueule sagace sortent des vérités impromptues hélas pas toujours au bon moment ! L'Illiade et l'odyssée retrouvent une nouvelle saveur sous la plume des deux compères... un très bon cru.

Marion Godefroid-Richert


Le chien d'Héraclès a la langue bien pendue. Lui et son maître sont partis rejoindre Ulysse. Héraclès est un chaud lapin qui n'hésite pas à accrocher Pénélope à son tableau de chasse. Surpris par Télémaque, le fils de Pénélope et Ulysse, il tue l'adolescent et s'enfuit. Sur le bateau, il retrouve Ulysse, fuyant Pénélope car il s'ennuie. En fuite à nouveau, Ulysse comprend qu'il est homosexuel et attiré par Héraclès. Ulysse et Héraclès abandonnent le chien sur une île déserte où il rencontre un Cyclope. Celui-ci va l'aider à rejoindre le bateau d'Héraclès.

Voilà un album qui n'est pas classique ! La mythologie est entièrement revisitée en lui imposant parfois des détours inattendus : ainsi Ulysse est-il homosexuel et n'est-il guère attiré par Pénélope. Il y a du sexe grâce à Héraclès, un jeune homme que les hormones travaillent, mais aussi grâce à Ulysse qui sur le bateau ne dédaigne pas tailler une pipe à Héraclès. C'est donc assez irrévérencieux !

Le dessin est fait à coups de traits assez vifs et donne une impression un peu noire. Au final, c'est curieux et original. On est étonné par une mythologie à laquelle on ne s'attendait pas. C'est en même temps drôle pour le côté inattendu de cette mythologie. Le côté décousu de l'album devient un peu lassant en final. Peut-être parce qu'on ne sait pas très bien où l'on va. Une curiosité sympathique !

Annecat

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