Contes cruels, Toulouse

G.M. BON

L'Ecailler du Sud, 2004



Voilà un roman noir à fort arrière-plan documentaire : sur fond d'affaire Alègre/Baudis mal maquillée, le lecteur retrouve la trame et les détails pour le moins écoeoeurants de cette sordide affaire. En outre, le personnage principal du policier enquêteur Cavalier (qui surgit de la nuit) flic solitaire qui parvient à faire cavalier seul au sein de la Grande Maison, enquête sur le tueur de l'Est Parisien. Comme Cavalier, nous sommes ballottés de Paris à Toulouse avec pour troisième affaire référentielle la réelle, sinistre et historique affaire Calas dans laquelle s'impliqua Voltaire.

Cavalier croit en l'imprégnation et se nourrit des principes d'enquête de ses prédécesseurs. C'est un policier sensible mais qui prend souvent la tangente dans ses affaires de coeoeur, tout maladroit qu'il est et dévoué à sa quête.

Le lecteur est plongé d'emblée dans l'imaginaire du tueur qui plane sur le roman dès le premier chapitre, existant par le regard d'un enfant qui porte un drôle de regard sur une drôle de mère qui a le diable au corps.

Ces passages de fusion dans le regard de l'agresseur nous mettent mal à l'aise car, s'ils ne justifient pas les meurtres, ils les expliquent : manque d'amour, image pervertie de la femme et tous les ingrédients qui fracassent un être dès l'enfance. Cela peut paraître cliché mais l'écriture est sensible et le style crée une vraie relation entre le lecteur et ce texte où il se sent pris, enrobé, voire englué.

De belles descriptions inattendues de Toulouse, ville rose passé plutôt que rose bonbon, un peu décatie.

Etrangeté du mélange narratif 1° des rêves de Cavalier 2° des images de l'enfant blessé et 3° du récit d'enquête parfois impressionniste.

Une étude à faire sur les noms (Gracq, Azard. Malvert. Pujol...)

Valérie Rodier-Bellec

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