Le Vétéran, T. 1

Frank GIROUD, Gilles MEZZOMO

Glénat, 2017



Maxime Danjou a laissé sa tête sur le champ de bataille de Waterloo. Devant lui se présente une femme qui prétend être sa femme, celle de Théodore Brunoy. Danjou ou Brunoy : cauchemar ou machination ?

Bon, difficile de dire que j'ai été passionné par cet album. L'ensemble est classique, très classique : les scenarii de perte de mémoire sont rarement très originaux et l'histoire ici ne sort guère des sentiers balisés : une femme un tantinet fatale, des acteurs venant, par petites touches, coincer Danjou/Brunoy dans sa mémoire perdue et quelques rencontres montrant qu'il y a tout lieu de se poser la question du complot, comme celle de la cousine de la soubrette de l'épouse, qui avoue à Danjou que sa femme a renvoyé tout le personnel il y a deux années. Tiens, tiens...

Le dessin ne m'a pas davantage attiré et pourtant Gilles Mezzomo était le dessinateur d'Ethan Ringler, le jeune fils de bonne famille débarqué aux USA.

Complot ? Perte de mémoire ? Le lecteur ne connaît bien sûr pas le fin mot de l'affaire à la sortie de ce premier tome et, perso, je crains fort d'en rester à ce stade de la question.

Marc Suquet


  

Page noire

Frank GIROUD, Denis LAPIÈRE, Ralph MEYER

Futuropolis, 2010
104 pages. 18 euros



Carson Mc Neal est un vrai écrivain à succès, mais que personne ne connaît vraiment puisqu'il refuse toute interview ou apparition en public. Kerry Stevens, une jeune critique littéraire, lui arrache cette interview, remontant à cette occasion dans le passé de l'écrivain.

L'album est construit selon deux approches parallèles : la rencontre de Kerry avec l'auteur, mais aussi l'histoire du prochain roman de l'écrivain, celle d'Afia, la libanaise. Bien sur, les deux univers vont converger en fin d'album, vers une manipulation que nous laissons au lecteur le plaisir de découvrir. On ne va pas tout vous dire non plus !

J'ai bien aimé ce "one shot", qui mélange aventure personnelle et histoire. Coté personnel, l'approche de Carson par Kerry est intéressante : les manoeuvres de la critique littéraire, depuis la chute en vélo devant la voiture de l'écrivain jusqu'à la rencontre, par hasard bien sûr, sur une plage, sont plutôt sympathiques. Dommage que cela se finisse par une amourette un peu clichée et bien éloignée du ton de l'album. Mais aussi, la recherche d'Afia cherchant à renouer avec son propre passé dramatique. Coté histoire, pas facile de s'y retrouver tant la guerre du Liban est complexe et le massacre de Beït al Naqad peu évoqué sur le net. Mais cette période de l'histoire, évoquée à travers le drame personnel d'Aifa, qui veut dire en arabe qui est à l'abri, est une de ces pages douloureuses de la guerre du Liban qui a fait plus de 100 000 morts. On aurait presque aimé un peu plus de détails de la part des auteurs, mais en ont-ils eu le temps dans le cadre de cet album "one shot".

Le dessin est plutôt bon, exprimant bien, sur les visages, les sentiments des personnages.

Bref un bon album grâce à un scénario à rebondissements, mêlant histoire et destin personnel.

Marc Suquet


  

Les Pionniers (Les Champs d'azur, T. 1)

Luc BRAHY, Frank GIROUD

Glénat, 2010
coll. Grafica



Juin 1906, Théodore Fayard passionné d'aviation, tente de faire voler des modèles réduits.  Une passion qui va le conduire à rejoindre l'équipe de Fernand Joliot, qui cherche à faire voler les premiers aéroplanes. Mais la concurrence est féroce et chacun veut gagner les prix proposés pour faire aboutir son propre projet.

C'est à une véritable saga que nous convient les deux auteurs, Giroud et Brahy : celle de l'histoire conjointe de la famille Fayard et de l'aéronautique entre 1909 et 1970. Ce premier tome est de facture classique, tant pour le scénario que pour le dessin. Mais l'histoire de ces passionnés est plutôt entraînante, une histoire d'aventures comme on les aime. Celles des fondus de l'aviation qui risquent leur vie pour faire voler le premier aéroplane sur vingt-cinq mètres !

Le dessinateur, Luc Brahy, renoue avec son histoire familiale  puisque son grand père était pilote de chasse durant la guerre 1914-1918. Quant à Franck Giroud qui est agrégé d'histoire, il trouve là un terrain d'expression qui colle à sa passion.

L'album est une galerie de personnages chevaleresques, super gonflés et plutôt sympathiques. Il compte également une femme bien qu'elles furent peu nombreuses dans l'histoire de l'aviation.

Il ne faudra pas chercher dans ce travail une bd d'une grande originalité mais plutôt l'histoire de barjots passionnés : sympa !

Marc Suquet


  

Le piège africain

Luc BRAHY, Pierre CHRISTIN, Frank GIROUD, Yves LECOSSOIS

Glénat, 2010
Destins, Tome 3
47 pages. 13 euros



Ellen a choisi de ne pas se dénoncer à la justice. Elle rejoint Londres pour retrouver le combat mené au sein de son association, Wafa. Une action humanitaire lui permettrait de se racheter.

On est donc, dans ce troisième tome, face à un choix clair : Ellen refuse de se dénoncer. Mais elle choisit de compenser sa culpabilité en la rachetant par une action d'éclat.

Ce tome a pour scénariste Pierre Christin, auteur d'une soixantaine de BD dont le fameux Valérian. Il a également signé un scénario de film avec Bilal : Bunker Palace Hotel.

L'album retrouve l'action dont avait manqué le deuxième : on y trouve un coté aventure exotique en Afrique : Ellen part en mission et celle ci sera, dès l'atterrissage de son avion, loin de tout repos. A la conclusion de l'album, l'auteur laisse même ses lecteurs dans une grande incertitude concernant le sort d'Ellen.

L'emprise de Jane, la condamnée à mort, sur Ellen est totale : son visage hante ses rêves et se transforme en véritable obsession. Il y a une bonne description de cette emprise sur l'héroïne.

Aux dessins, trois artistes : Yves Lécossois mais aussi Luc Brahy et Sébastien Gérard, les deux derniers s'étant partagés les planches, sans qu'il soit vraiment facile de distinguer le changement. Les visages restent un peu sommaires, même si leurs expressions sont marquées. Le dessin est coloré et les cheveux roux de l'héroïne toujours mis en évidence.

Action et psychologie au menu de ce tome 3 : sympa !

Marc Suquet


  

Le hold up

Michel DURAND, Frank GIROUD

Glénat, 2010
Destins Tome 1
55 pages. 13 euros



Après un passage en tant qu'humanitaire au Nicaragua en 1989, Greg adopte des moyens de contestation plus musclés : organiser le casse d'une banque pour redistribuer les montants aux plus défavorisés. Ellen suivra Gregg dans sa folle entreprise, pour conquérir son amour. Mais le hold up sera un échec, laissant le vigile de l'établissement sur le pavé.

Destins est un projet gigantesque : 14 tomes prévus en deux années. Cette bible est orchestrée par Frank Giroud qui coopère avec un scénariste et un dessinateur différents pour chaque album. Un projet suffisamment grandiose pour justifier, en 4ème de couverture, un arbre présentant les différentes ramifications entre les albums, témoins des choix différents pris par l'héroïne. Franck Giroud est un habitué de ce type de pari puisque Louis la guigne, la série de l'anar au grand coeur, compte 13 tomes et Le Décalogue, une vingtaine !

Le scénario est plutôt bon, avec un début d'album au Nicaragua en pleine guerre civile entre le gouvernement sandiniste et les Contrats, initialement soutenus par la dictature argentine de Videla puis par la CIA.

Le personnage d'Ellen change au cours de ce tome : de la jeune adulte encore très ado, folle amoureuse de son révolutionnaire à l'image romantique d'un Che Guevara, jusqu'à l'égérie d'une association caritative, Water for Africa. Dans ce nouveau rôle, Ellen se révèle être une bête de gestion et de communication : la perle rare pour ce genre d'asso.

Le dessin manque un peu d'originalité et les couleurs de finesse. Les visages sont trop simplement représentés.

Voilà un premier tome pas désagréable, mais sans plus. Il en reste 13 : Giroud et son équipe ont donc la possibilité de captiver leurs lecteurs. Seront-ils au rendez vous ? Les deux prochains numéros devraient être publiés en juin.

Marc Suquet


L'histoire de Dora Mars (Quintett, T. 1)

BONIN, Frank GIROUD

Dupuis, 2005



Dora Mars n'est, au début de la première guerre mondiale, qu'une obscure chanteuse de cabaret. Au cours d'une soirée, elle rencontre Armel dont elle tombe amoureuse. Celui ci, parti à la guerre, oublie rapidement Dora dans les bras de ses autres conquêtes. Sans signe d'Armel, Dora va accepter de partir chanter sur le front en Grèce dans l'espoir de retrouver son amour.

L'histoire est assez classique, mêlant guerre, amour, vaillants aviateurs et pauvre chanteuse de cabaret. Il y a quelque chose de Delly dans ce scénario. Mais le personnage de Dora est sympathique et on est rapidement attiré dans son histoire. On y rencontre des personnages intéressants comme Clémence Dorval, une femme aviateur, haute en couleur, en courage mais aussi en pouvoir de séduction. Mais aussi le capitaine Wendell, séduisant séduit à son tour par la petite chanteuse. On a également la vision d'une guerre pas habituelle, celle de poste avancé établi dans un petit village en Grèce.

Coté rythme, il y a de l'atmosphère mais aussi de l'action et donc on ne s'embête pas. Le dessin est sans trop de surprises si ce n'est le coté très anguleux des personnages. Page 47, la superbe Clémence serait elle dessinée par Hugo Pratt revenu d'outre tombe ?

Un album intéressant mais dans lequel il ne faut pas chercher une trop grande originalité.

Comme avec le " Décalogue ", Franck Giroud crée une série où chaque tome bien que faisant parti d'un ensemble a sa propre indépendance. Dans ce numéro 1, l'histoire est assez classique mais les héros très attachants et cette histoire d'amour qui pourrait être banale ne l'est absolument pas. Les dessins servent merveilleusement bien cette ambiance surannée de grands sentiments teintés de naïveté. De plus la lumière de la Grèce est là aussi bien rendue.

Marc Suquet


Deux mystérieux personnages feuillettent les livres d'une bibliothèque en évoquant leurs auteurs. Quatre personnes dont les destins se sont entrecroisés en 1916 alors qu'ils participaient à un " quintett " (à mi-chemin entre le " quintet " jazz et le " quintette " classique, apprend-on plus tard) censé " remonter le moral " des troupes postées dans la zone neutre de Macédoine. Ceux qui nous concernent dans ces deux premiers tomes d'une série qui en comptera cinq sont Dora Mars, chanteuse ambitieuse et quelque peu midinette, et Alban Méric, archéologue érudit amoureux d'un petit pâtre grec. Rien ne lie à première vue ces deux personnages. Et pourtant...

Sur une idée qui rappelle l'expérience menée au cinéma par Lucas Belvaux dans sa trilogie (Un couple épatant, Cavale, Après la vie), Frank Giroud s'attaque à une série prévue pour ne pas dépasser cinq tomes, ce dont lui sauront gré les lecteurs dont ni le portefeuille, ni la patience n'est extensible à l'envi. Seul inconvénient de la formule : il faudra attendre le cinquième tome pour juger de l'ensemble de la série, l'intérêt de chaque histoire résidant en ses connexions avec les autres, même si chacune peut être lue indépendamment des autres, les événements liés à chaque personnage trouvant leur conclusion à la fin de chaque album. Ce que l'on peut dire en tout cas à la lecture de ces deux premiers épisodes, c'est que tout cela est extrêmement prometteur ! Les aventures (plutôt sentimentales, il faut le dire) de Dora Mars et Alban Méric sont aussi passionnantes l'une que l'autre et laissent entrevoir une intrigue plus large que l'on découvrira au fur et à mesure. Enfin, l'idée d'avoir fait appel à des dessinateurs différents pour illustrer les points de vue contrastés des protagonistes sur la même période est excellente. A ce petit jeu, Bonin et Gillon s'en sortent tous les deux aussi bien et l'on attend avec impatience de découvrir le travail des suivants.

Mikael Cabon


L'histoire d'Alban Méric (Quintett, T. 2)

GILLON, Frank GIROUD

Dupuis, 2005
coll. Empreinte(s)



L'histoire de Quintett 1 vue par les yeux d'un autre personnage, Alban Méric. Celui ci est officier, passionné par la civilisation byzantine, chargé de la conservation des oeuvres artistiques rencontrées lors des combats. Il s'éprend de son aide de camp, le beau grec Manolis. Mais Grall, un sergent antipathique, a pris des photos et le fait chanter. Et oui, pas franchement recommandable d'être homo en 1916 dans l'armée et au front ! Mais les exigences de Grall sont de plus en plus importantes et sans fin.

Voici, par rapport au 1er tome, une deuxième histoire vue sous un angle totalement différent. Le cadre et les personnages sont les mêmes mais l'angle de vision est totalement différent. Les personnages importants lors du 1er tome (Dora Mars par exemple) deviennent ici anecdotiques. Mais la même histoire prend un relief tout à fait différent. C'est une très bonne idée déjà exploitée au cinéma dans des films tels que Pulp Fiction. L'originalité est également dans l'attirance homosexuelle de l'officier et de l'aide de camp. On sent bien l'angoisse d'Alban monter au fur et à mesure des exigences de Grall. Un piège dont on se demande comment il sortira.

Le dessin est très différent du Tome 1, en beaucoup plus réaliste. Les personnages sont plus ronds.

Un bon album, tout aussi classique que le 1er pour le scénario.

Nous commençons avec ce deuxième tome à entrevoir la trame de l'histoire et le regard se déplace avec les protagonistes. Bien sûr c'est du déjà vu mais la technique si elle est bien menée est toujours assez passionnante. J'ai bien envie de lire le tome 3...

Annecat


Deux mystérieux personnages feuillettent les livres d'une bibliothèque en évoquant leurs auteurs. Quatre personnes dont les destins se sont entrecroisés en 1916 alors qu'ils participaient à un " quintett " (à mi-chemin entre le " quintet " jazz et le " quintette " classique, apprend-on plus tard) censé " remonter le moral " des troupes postées dans la zone neutre de Macédoine. Ceux qui nous concernent dans ces deux premiers tomes d'une série qui en comptera cinq sont Dora Mars, chanteuse ambitieuse et quelque peu midinette, et Alban Méric, archéologue érudit amoureux d'un petit pâtre grec. Rien ne lie à première vue ces deux personnages. Et pourtant...

Sur une idée qui rappelle l'expérience menée au cinéma par Lucas Belvaux dans sa trilogie (Un couple épatant, Cavale, Après la vie), Frank Giroud s'attaque à une série prévue pour ne pas dépasser cinq tomes, ce dont lui sauront gré les lecteurs dont ni le portefeuille, ni la patience n'est extensible à l'envi. Seul inconvénient de la formule : il faudra attendre le cinquième tome pour juger de l'ensemble de la série, l'intérêt de chaque histoire résidant en ses connexions avec les autres, même si chacune peut être lue indépendamment des autres, les événements liés à chaque personnage trouvant leur conclusion à la fin de chaque album. Ce que l'on peut dire en tout cas à la lecture de ces deux premiers épisodes, c'est que tout cela est extrêmement prometteur ! Les aventures (plutôt sentimentales, il faut le dire) de Dora Mars et Alban Méric sont aussi passionnantes l'une que l'autre et laissent entrevoir une intrigue plus large que l'on découvrira au fur et à mesure. Enfin, l'idée d'avoir fait appel à des dessinateurs différents pour illustrer les points de vue contrastés des protagonistes sur la même période est excellente. A ce petit jeu, Bonin et Gillon s'en sortent tous les deux aussi bien et l'on attend avec impatience de découvrir le travail des suivants.

Mikael Cabon


Le serpent sous la glace, tome 1 : Secrets

Frank GIROUD, Milan JOVANOVIC

Dupuis, 2004
coll. Empreinte(s)



Valentin Kozlov est traducteur à Paris. Après la mort de son père qu'il ne connaissait guère et n'appréciait que modérément, il trie les papiers du défunt avec sa soeoeur. Il y retrouve dans un carton des documents inconnus, montrant son père lors d'une expédition au pôle. Il part en Russie retrouver le passé de son père chez sa soeoeur. Il y apprend que son père n'est pas celui que l'on pensait, échappe à une tentative d'assassinat et plonge dans le passé de son père, aidé par Helena qui ne lui est pas indifférente !

C'est intéressant. Le scénario est rythmé : cela commence par une tentative d'assassinat qui met l'eau à la bouche, puis à coups de flash-back et par petites touches, on découvre en même temps que lui le passé du héros. Celui-ci est très sympa, pas frime, simple et émouvant. Son intérêt pour Helena est bien vu et très progressif. On passe dans des sociétés très différentes, de Paris à Moscou. Le passé du père est constellé de rappels historiques, comme celui de l'intérêt du pôle pour les Russes en pleine Guerre froide (1948).

Le dessin rend les gens touchants par un visage expressif et profond. Les émotions passent bien : peur lors de la tentative d'assassinat, héros dépité lors de ses recherches infructueuses du passé de son père, indifférence pour sa copine laissée à Paris, intérêt grandissant pour Helena. L'histoire possède également des personnages mystérieux qui rehaussent l'intrigue : qui est donc cet homme qui suit les héros lors de leurs recherches dans les archives ? Vivement la suite !

Marc Suquet

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