Moby Dick (livre second)

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2014



Progressivement, on plonge dans l'obsession d'Achab : celui-ci donne ses rasoirs pour se faire forger un harpon, agacé de ne pas trouver la baleine, il détruit le sextant, ne se détourne pas pour participer à la recherche d'un canot perdu en mer... bref, une vrai barge qui ne veut rien entendre au langage de bon sens de son équipage qui craint pour sa vie !

En noir et blanc, avec un trait épais, c'est certain, la folie d'Achab est bien présente ! Un fou qui avoue tout de même n'avoir passé que trois petites années à terre, parmi les quarante consacrées à la chasse à la baleine. Les scènes de chasse sont superbes. Les visages sont tendus, inquiets, angoissés : c'est la mort que rencontrent ces chasseurs. La baleine, qu'Achab n'appelle plus que le démon et non plus Moby Dick. Et dans le regard de Starbuck, le second, on lit la folie qu'il perçoit chez Achab.

Bref, un tome deux tout aussi superbe que le premier. Une superbe illustration du bouquin de Melville.

Marc Suquet


  

Moby Dick - livre premier

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2014



Chabouté, c'est toujours super : chez Mauvais Genres - Rade de Brest, nous avons eu la chance de lire quelques-uns de ses albums et c'est toujours le même dessin appliqué, noir, dur, parfois très dépouillé comme Construire un feu. Bref, moi, j'aime. Moby Dick est dans la même veine : l'album reflète parfaitement les terribles conditions de vie des baleiniers (fallait être gonflé pour partir trois années en mer, attaquer les énormes baleines à bord de petits bateaux à rames et, armé de lances, sauter sur le dos des géants pour les achever) mais aussi la folie du capitaine Achab, aveuglé par son obsession : tuer le cachalot blanc ! Bref, des conditions de vie plutôt durailles, résumées dans la devise d'Achab : "Que crève la baleine ou trépasse la baleinière !"

L'univers de la mer était abordé par l'auteur en 2009 avec Terre-Neuvas, un one shot fait de meurtres et de suspense en huis clos et traversé par des gueules, comme l'auteur a su également en créer dans Moby Dick. Chabouté réitère en décrivant la vie des baleiniers mais aussi les techniques de pêche et de transformation des baleines : on coupe, on chauffe et, dans une odeur horrible, tout est recueilli.

Moby Dick, c'est une vraie corrida maritime, faite d'un respect de l'animal mais aussi d'une vraie volonté de l'éliminer. Avec Chabouté, Melville s'est trouvé un illustrateur de choix !

Marc Suquet


Dans le port de Nantucket, un jeune matelot (Ismaël, dont le nom n'est cité nulle part), désirant voir le monde, s'enrôle sur le Pequod pour la chasse à la baleine. En compagnie de Queequeg le harponneur, il rencontre le capitaine Achab, qui règne en dieu et maître sur son bâtiment.

Achab, vieux fou défiant les dieux eux-mêmes, traque sans relâche Moby Dick, un monstrueux cachalot d'un blanc de neige qui emporta une des jambes du capitaine lors d'un corps-à-corps que les marins décrivent comme "infernal". Depuis lors, Achab s'embarque en campagne dans le but unique d'assouvir sa vengeance. Une vengeance folle contre un animal ayant agi par instinct et non pas malice.

"Dieu... Quel tourment doit endurer l'homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance..."

L'équipage, pensant s'être enrôlé pour chasser du cétacé, se trouve ainsi esclave de la folie d'un homme, embrigadés par ce roi impie, fascinés par la passion que leur inspirent l'homme et la bête. Car si seul Dieu est seigneur de la terre, seul le capitaine est seigneur à bord du Pequod.

Entre aventure mythique et récit de voyage, Moby Dick est un chef d'oeuvre. Oui, carrément.

Chabouté s'attaque à l'adaptation de la créature marine la plus mythique de la littérature américaine. Sans ressasser une histoire mainte fois adaptée dans différents formats (film, série, bande dessinée), l'auteur se saisit du roman de Melville pour y appliquer sa propre vision de l'histoire et de ses personnages. Ainsi on retrouve un Achab vieillissant, à fleur de peau, dégarni et scarifié, dont l'obsession pour le cachalot n'a d'égal que son tempérament plus instable que l'océan. Starbuck, le second du capitaine, semblant être le seul à entrevoir la folie de ce dernier, prévient ainsi son supérieur : "Je ne vous demande pas de vous méfier de moi, vous ne feriez qu'en rire. Mais qu'Achab se méfie d'Achab ! Méfiez-vous de vous-même, vieillard !".

Plus que jamais, le dessin gras et l'absence de couleur sont au service du récit. Tout n'est que visages creusés, mains abimées, flots rugissants, horizon infini et fanatisme ambiant. Les chapitres sont séparés par des tableaux inspirés par des passages choisis du roman.

Enfin, si Chabouté adapte l'histoire au format de la bande dessinée, le coeur bouillonnant du récit, le symbolisme qui fait de Moby Dick ce qu'il est, reste intact et palpitant. Le grand cachalot reste une allégorie représentant le dernier "blanc" sur la carte de l'Ouest sauvage, le dernier espace inconnu que l'homme traque sans relâche. Le déluge de références bibliques ne manque pas ; la frontière entre l'homme et l'animal se brouille. On dit oui, on dit bravo.

On dit Monsieur Chabouté.

Alain


  

Les Princesses aussi vont au petit coin

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2011



Sous ce charmant petit titre qui fait conte d'enfant, se cache la dernière histoire de Chabouté : un évadé d'une clinique psy qui fait du stop et monte dans le combi VW d'un couple de bobos, Suzanne et Marco, anti-nucléaire et anti-téléphone portable. L'évadé est porteur de la révélation d'un complot : celui des cigarettes et de son marché, dont le montant est équivalent au PIB de la Norvège et qui entretient des liens un peu trop étroits avec le monde de la politique.

D'habitude, Chabouté, j'aime. Là, ben, moyen. C'est toujours aussi bien dessiné en noir et blanc et avec de vraies expressions sur les visages. Mais voilà, malgré les persos, l'ensemble est un peu froid. On survole un peu les personnages : qui est donc cet évadé ? Et puis, ce deuxième niveau en permanence dans l'histoire, celui de l'écrivain qui raconte l'histoire ? Pas évident qu'il amène grand chose...

Et pourtant, il y a des choses sympas dans cet album. L'angoisse de la conspiration qui transpire chez l'évadé mais aussi la tension qui est présente tout au long des cases. L'extraordinaire qu'amène l'évadé dans l'histoire de ce couple qui lui en est finalement reconnaissant et le vivra avec lui. Et leurs blagues à deux balles, genre Monsieur et Madame X ont un fils...

Et puis... et si c'était vrai, après tout ?

Marc Suquet


  

Fables amères

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2010



Douze petites histoires de la vie de tous les jours, depuis la caissière de supermarché que le client engueule pour son manque de sourires jusqu'à la famille expulsée de France par avion. Rien d'extraordinaire dans ces Fables amères. Rien d'autre que de petites lignes de vie, sans grandiloquence, sans tralala aucun : des incidents que l'on pourrait rencontrer à chaque croisement de rue, et ce dès demain.
La construction est la même pour toutes ces courtes histoires : une situation décrite rapidement, le plus souvent banale, puis un décroché qui rend plus originale la tranche de vie racontée. Ainsi, les parents qui ne souhaitent pas se faire réveiller par leur petite fille, bien que celle ci leur apporte le petit déjeuner au lit. Ou encore, les passagers du métro serrés à l'heure de pointe mais dont la dernière image montre qu'ils laissent un no man's land autour d'un passager que l'on devine immigré. On trouve également des contrastes criants comme celui existant entre ce couple d'un appartement cossu qui se bat pour la couleur d'une lampe devant cet homme qui passe la nuit à dormir dehors.
Le dessin ne surprendra pas les amateurs de Chabouté, il est de la qualité habituelle de l'auteur avec, comme souvent, un noir dominant. Un seul regret, le manque de séparation nette entre les histoires qui font s'interroger le lecteur, mais peut être est ce voulu par l'auteur.
Constitué de petites scènes décrivant une société et ses injustices qui existent tout près de nous, Fables amères ne restera probablement pas comme une oeuvre majeure de Chabouté, qui en a produit bien d'autres (Landru, Terre neuvas, Construire un feu, Tout seul...), mais bien plutôt comme une petite parenthèse au milieu de ses grands albums, offrant matière à méditer sur notre quotidien.

Marc Suquet


 Le résumé se trouve dans le titre de l'album. C'est l'illustration de petits moments tendres, tragiques, parfois drôles dans le vécu de ses personnages.

Chabouté reprend ici le principe qui a fait le succès amplement mérité de Quelques jours d'été.

Malheureusement, ce n'est pas aussi abouti. Peut-être que c'est parce qu'on connaît déjà certaines histoires ou qu'il n'y a pas assez de place et de pages pour rentrer dans les personnages ?

Il y a la qualité du dessin noir et blanc qui, elle, est toujours présente. A partir d'un petit cadrage ou d'une vue d'ensemble, l'auteur arrive toujours à faire passer une émotion ou un message.

Mention spéciale tout de même aux deux histoires où je trouve qu'il réussit à donner une vie et une âme au temps qui passe : "La poste" et "L'avion". Je ne sais si c'est parce qu'il fallait sortir un album ou pour respecter un délai, mais monsieur Chabouté mérite plus de temps et de pages pour s'exprimer.

 

Roland Drover


  

Terre neuvas

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2009
120 pages. 17 euros



La goélette La Marie Jeanne quitte la France le 26 février 1913 en direction des bancs de Terre neuve. Le 3 avril, les pêcheurs mettent leurs doris à l'eau et entament la pêche à la morue. Mais on trouve bientôt le second, Léon, mort dans sa bannette, un couteau planté dans le dos ! Léon ne sera que le premier.

Pendant plus de 5 siècles, la pêche à la morue a tenu une place capitale dans l'économie des régions côtières. Mais également loin des lieux de pêche, la morue séchée ou salée se conservant très longtemps. Les conditions de vie à bord des morutiers sont dures mais les candidats sont pourtant nombreux qui souhaitent échapper à la misère.

Chabouté décrit parfaitement ce milieu : la mer et les hommes sont rudes, très rudes. Avec la viande de cheval avariée ou les 50 000 bulots qui pourrissent sur le pont du bateau avant de servir d'appât, on est bien loin d'un confort bourgeois. L'auteur montre la violence régnant entre les hommes, prisonniers sur leur bateau pour quelques mois : du mousse giflé sans raison, comme cela çà lui en fait une d'avance, à "la sole" que l'on appelle ainsi car un coup de rame mal placé lui a aplati le nez lors d'une bagarre ! Quant aux conditions de vie : on se pisse sur les mains pour nettoyer les plaies et la toilette, c'est toutes les six semaines quand on retourne ses sous vêtements ! Pas étonnant que les terre-neuvas soient tour à tour galériens, forçats ou encore bagnards. La dureté du milieu est représentée par un dessin N et B, simple et sans fioritures, illustrant un monde qui n'en comporte guère.

On découvre dans cet album des "gueules", comme celle du capitaine qui boit quand la morue n'est pas au rendez vous mais qui frappe le mousse quand il n'a plus rien à boire ou encore, comme celle du Père Mathu, le plus ancien à la longue barbe. Et puis il y a les expressions, celles du capitaine hurlant ses ordres, mais aussi celle de l'angoisse que l'on lit sur les visages lors de la découverte des cadavres, renforcée par l'absence de paroles.

L'ouvrage témoigne d'un beau travail de documentation : depuis les techniques utilisées comme celle de la pêche à la ligne à bord des doris ou de la préparation des morues sur le pont du bateau, aux expressions hautes en couleurs, comme "promener les parisiens" qui se dit des équipages de doris perdus dans la brume et qui tournent en rond pour retrouver le bateau, ou comme "débanquer" qui s'utilise lorsque l'on quitte les bancs de Terre Neuve.

De cadavre en cadavre, on sent la tension monter progressivement à bord de la Marie Jeanne, pour déboucher sur la révélation finale. Le lecteur est entraîné dans ce drame de la mer.

Un très bon "one shot" tant pour un suspense de huit clos dans un milieu hostile que pour le dessin.

Marc Suquet


  

Construire un feu

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2007
Collection Equinoxe. 63 pages. 13 euros



L'histoire est celle d'un homme, en 1896, attiré par la fièvre de l'or, au Yukon, dans le grand Nord canadien. Son objectif est de rejoindre d'autres chercheurs d'or à travers une piste enneigée. On assiste donc aux difficultés de cet homme face au froid.

Un scénario très simple, inspiré d'une nouvelle de Jack London : l'homme face au froid. L'ennemi, c'est le froid qui se glisse partout. A -45°C, les crachats gèlent avant d'arriver à terre, tout contact avec l'eau se traduit à coup sûr, par un pied gelé et sortir une main des moufles est certainement faire prendre un immense risque à ses doigts. Le nombre de personnages est limité : l'homme et son chien. Mais le personnage principal est bien évidemment le froid. Omniprésent, menaçant et finalement vainqueur de cette confrontation.

J'aime bien cette histoire. On y sent l'évolution de la psychologie de l'homme qui démarre l'aventure très sûr de lui, qui emprunte la piste la plus longue pour vérifier les possibilités de se fournir en bois. Et puis progressivement, son assurance s'effrite puis s'effondre. Le froid gagne et l'on voit la tête de l'homme changer. Se rassurer devant les allumettes et le feu qui le sauve, puis être terrorisé par les mêmes allumettes que la neige rend inutilisables. Voilà une scène d'angoisse où l'on sent la douleur se saisir des doigts de l'homme.

Une BD dépouillée donc, d'un homme livré à lui même face à un ennemi implacable. Un bon album.

Marc Suquet


Il fait froid, très froid, dans le grand Nord canadien... le chien le sait lui. ..mais l'Homme lui a décidé qu'il rejoindrait ce soir ses compagnons dans la mine... et le chien le suit... mais jusqu'où ?

Quel talent !!! Déjà, réussir à adapter du Jack London sans tomber dans le cliché, mais en plus Construire un feu, nouvelle où il ne se passe rien... alors là chapeau ! Et pourtant c'est avec grand art que monsieur Chabouté réussit à nous amener jusqu'au bout de la décision de l'Homme, nous faisant sentir son inconscience mais aussi sa détermination, puis sa prise de conscience et son désespoir... Nous avons froid, si froid...

Annecat


  

Zoé - Sorcières - Pleine Lune - La bête

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2006
Réédition en un volume des quatre premiers albums noir et blanc de Chabouté



Les quatre premiers albums de Chabouté réunis en un recueil. Zoé dépeint une histoire noire dans un village. Après la mort de sa mère Mathilde, Zoé reprend sa maison. Elle va entrer dans l'histoire très noire du village, faite d'anciens SS et de pillages. Une histoire qui trouvera sa conclusion dans une ribambelle d'assassinats. Sorcières est une série de plusieurs nouvelles courtes sur ce thème. Dans Pleine lune, un parfait fonctionnaire de la CAF voit son destin changer dans un sens qu'il n'aurait pas souhaité. Enfin, La bête illustre des histoires de monstre dans un village.

Voilà un bon album fait d'histoires longues comme très courtes. On est en plein dans les sorcières : d'abord le dessin en N et B. Quelque chose proche de Comès. Quelque fois il y a un peu trop de proximité avec les personnages de celui-ci, notamment dans Silence. Mais tout ça met l'ambiance ! Et puis il y a les villages perdus en France, loin bien loin des autoroutes et où ne s''égare nul touriste. On est ainsi bien étonné de voir Zoé venir s'installer dans le village de sa mère. Les expressions des personnages sont souvent saisissantes.

La sorcellerie et le noir sont aussi présents dans les personnages aux figures angoissées, mais aussi les histoires sordides qui remontent à la guerre et lient pillage et complicité. Il y a aussi le mur du silence autour de ces histoires. Bref quelque fois c'est glauque, l'ambiance des villages. Une ambiance alourdie par les ombres autour des personnages mais aussi dans les villages.

Marc Suquet


  

Henri Désiré Landru

Christophe CHABOUTÉ

Vents d'Ouest, 2006



Landru, un nom qui évoque en nous le souvenir d'un assassin, accusé de 11 meurtres de femmes. Il usait de ses charmes pour attirer des femmes dans sa villa de Gambais, leur promettant le mariage avant de les dépouiller et de s'en débarrasser en les réduisant en cendres dans la cuisinière ! Au moment de son procès, les preuves sont accablantes.

Cela pourrait presque manquer d'originalité ! Mais Chabouté nous raconte une version totalement inattendue de l'affaire : et si Landru ne tenait que le second rôle ? Escroc mais pas meurtrier ? L'auteur met alors en évidence le contexte des événements, notamment la première guerre mondiale et ses ravages. Au front, un homme est défiguré par un obus, et tous les moyens seront bons pour se reconstruire... Il décide de se servir de Landru pour arriver à ses fins.

Chantage, menaces, exécutions et complot alimentent l'intrigue dans un rythme effréné. Le dessin en noir et blanc concorde parfaitement avec l'ambiance. La villa de Gambais devient un véritable personnage, effrayant. On découvre alors un Landru presque sensible, très inquiet pour ses proches, aux mains des criminels et des politiques... Et on commence à y croire !!! Car après tout, Landru a toujours nié les meurtres dont on l'accusait...

Une BD surprenante donc, qui se lit d'une traite, et qui permet de se plonger dans l'atmosphère du début du siècle.

Mona Abautret


Landru au cours de son procès est condamné à mort. Tout aux yeux du lecteur le transforme en un monstre froid qui ne mérite que la mort. Et pourtant, Landru ne serait-il pas lui même victime d'une conspiration ? Une conspiration initiée dans les tranchées de la guerre de 14 par un de ces poilus qui ne rêve que de déserter et imagine un stratagème qui le fera disparaître et vivre en secret avec son amour Hélène, à l'abri du besoin.

Voilà un bon album : par l'histoire d'abord. Il faut avoir une bonne dose d'imagination pour transformer l'histoire de Landru et lui donner un profil dans lequel le monstre froid est lui-même une victime. Bien vu le montage du coup tordu qui aurait dû permettre au poilu de retrouver une vie agréable. Bien vu aussi le deuxième étage de cette conspiration, initié par les pouvoirs politiques qui ne souhaitent pas désigner comme victime un ancien de la guerre de 14 ! On se laisse donc prendre dans les arcanes de la conspiration qui aboutiront à la mise à mort de Landru. Un accusé qui arrange tout le monde.

Les personnages sont également intéressants. Le Landru d'un monstre froid et provocateur devient victime, même s'il ne perd pas toute sa culpabilité. Le poilu, de héros devient dément, prêt à tout pour émerger dans une autre vie. Quant aux victimes féminines, le prix étant toujours payé par les mêmes, cela va de la gentille sotte buvant les mots d'amour de Landru à la bourgeoise méfiante qui n'a rien d'une ingénue.

Le dessin est très noir avec souvent des arrières plans très foncés qui ajoutent à la noirceur de l'histoire. Un bon album.

Marc Suquet

partager sur facebook :