World Trade Angels

Laurent CILLUFFO, Fabrice COLIN

Denoël, 2006



Jeune New-Yorkais ordinaire, Stanley était à son travail quand les tours se sont effondrées le 11 septembre 2001. Témoin impuissant du drame, il est comme tout le monde traumatisé par ce qu'il a vu et par l'ambiance qui règne à New York après la catastrophe. La vie doit continuer coûte que coûte. Son entreprise n'ayant pas survécu à la dépression économique post-11 septembre, Stanley perd bientôt son emploi et cherche à oublier son ancienne fiancée, Marion, dans les bras d'une autre. Il sent qu'il doit tourner la page et se fait tant bien que mal aider par un psychiatre. Mais comment faire pour vivre comme s'il ne s'était rien passé ? Comment échapper à tous ces signes, insupportables de violence, ou infimes réminiscences d'une terrible journée ? Des souvenirs de la vie " d'avant " lui reviennent, faussés, refoulés. Il lui faut faire son deuil d'une vie révolue, d'un monde à jamais transformé...

Le premier " graphic novel " (comme le veut l'expression à la mode) de Fabrice Colin et Laurent Cilluffo nous fait vivre de l'intérieur le choc qu'ont vécu les New-Yorkais il y a cinq ans, et qu'ils continuent de vivre au quotidien. L'on est bien loin de l'univers déjanté habituel de Fabrice Colin, mais l'on retrouve sa sensibilité et son sens particulier de la construction, pleine de faux-semblants, qui demande souvent une participation active du lecteur. Le dessin linéaire, quasi-architectural de Laurent Cilluffo se prête à merveille à ce récit onirique, irréel. L'on est pas obligé d'adhérer à l'esthétique de l'ensemble, mais il s'en dégage une impression de malaise et de fragilité qui appuie formidablement les sentiments du personnage principal.

Un regard inspiré, sensible et passionnant sur les attentats du 11 septembre, bien éloigné du sensationnalisme habituellement associé à l'évocation de ce drame.

Mikael Cabon


New-York, au lendemain du 11 septembre. Plus rien ne peut continuer comme avant.

Stanley perd son travail, ses repères. A la dérive, il n'a plus goût à rien et perd la notion du temps. Entre ses rêveries, ses souvenirs et la réalité, il s'invente alors une nouvelle vie, plus supportable. Mais sa rencontre avec Sarah va l'obliger à affronter la réalité : que s'est-il vraiment passé pour lui le 11 septembre ?

L'humanité et la sensibilité qui se dégagent de cet album surprennent. L'originalité du dessin, inexistant au début puis sobre, fin et peu coloré déroute un peu au départ, mais s'accorde finalement très bien avec les errances du personnage.Ce roman graphique original redonne aux événements du 11 septembre une dimension très humaine, en racontant la difficulté du deuil.

Une très bonne surprise donc, d'autant plus que le scénariste joue avec le lecteur, qui se trouve lui aussi désorienté dans cette histoire.

Mona Abautret

partager sur facebook :