Anthologie 69

ANTHOLOGIE

ActuSF, 2009
10 euros



Douze auteurs de l'imaginaire nous ouvrent la voie du plaisir.

Après une mise en bouche qui donne envie de continuer, les plats se suivent et ne se ressemblent pas. Toutes les nouvelles sont appétissantes. Les auteurs ont su capter les aspects du mot "érotisme". Je pourrais citer les douze, car elles valent toutes le coup.

J'ai été surpris par la nouvelle de Stéphane Beauverger. Un zeste d'imaginaire, une histoire dans l'Histoire. Il a réussi à me surprendre. Je pestais contre les personnages de Maïa Mazaurette, contre cette société qui veut que tout soit lisse, aseptisé. J'applaudis au texte de Daylon, malgré la noirceur du texte. Mélanie Fazi m'a laissé la gorge sèche. Un récit que j'ai trouvé tranchant. Une belle plume acérée.

Francis Berthelot me laisse coi. Tant de perversité dans son personnage, ca fait frémir. Mais l'érotisme c'est aussi le désir inassouvi. Sylvie Lainé me l'a fait souvenir. Pour Norbert Merjagnan, je suis à court de mots. Je reprend la dédicace qu'il m'a faite : "Chair-matière, regard-lumière" qui exprime toute la clarté de sa nouvelle sans rien vous dire. Gudule m'a fait rire, avant que Charlotte Bousquet ne m'entraîne dans la petite mort. Je pensais pouvoir respirer avec Jean-Marc Ligny. Ce fut par à coups. Son texte exprime la souffrance d'un être mais aussi l'amour de deux personnes. La descente de Virginie Betruger où quand la situation est désespérée, reste l'espoir de se libérer de ses inhibitions. Cette anthologie se clôt avec le récit de Joelle Wintrebert. Peut-être pas la plus interdite mais celle qui m'a chatouillé à tous les niveaux.

J'ai pris un tres agréable plaisir à toutes les lire. J'ai été pris au jeu des histoires. Bravo aussi à ceux qui ont rassemblés dans l'ordre les récits.

Temps de livres


Sociales Fictions - Les androïdes rêvent-ils d'insertion sociale ?

ANTHOLOGIE, Gérard KLEIN

Bréal, 2004



A la queue, première nouvelle de ce recueil, écrite en 1954 par J.B. MORTON, aborde d'une manière humoristique le mimétisme et la soumission dans un système d'interdépendance volontaire. Une nouvelle qui donne a réfléchir en attendant son tour a la caisse du supermarché.
Portrait de l'artiste par lui même, de Harry Harrison, (1964). Une nouvelle qui aborde le jour où un artiste est remplacé par un ordinateur.
Droit électoral, de Isaac Asimov (1955) ou le jour où un ordinateur choisit un citoyen lambda pour devenir le grand électeur qui désignera le nouveau président des USA après avoir répondu au questions de l'ordinateur, aussi pertinentes que ce qu'il pense du prix des oeoeufs... Par cette nouvelle et son analyse, on aborde le thème de la citoyenneté et de la démocratie.
Auditions forcées a perpétuité, de Ann Warren Griffith (1953) ou le jour où le port des boules quies est interdit et passible de prison. Vous êtes ainsi obligé d'écouter toutes les publicités émises par tous les objets manufacturés. Une nouvelle assez connue, mais toujours aussi excellente, avec une bonne analyse sur la société de consommation.
Le coût de la vie, de Robert Sheckley (1952) ou pourquoi ne pas profiter de la vie en s'endettant sur plusieurs générations ? Après tout, vos enfants profitent de tout le confort de la maison et tout leur appartiendra à votre mort... Il est normal qu'ils payent leur part de votre crédit le jour où ils travailleront... Cette nouvelle est un vrai régal, qui hélas devient réalité.
Gravé sur chrome, de William Gibson (1982) ou les réseaux numériques, la culture informatique et les liens sociaux.
Le temps d'aimer est bien court, de Jean Pierre Hubert (2002).
Dans le silence du soir, de Lee Hoffman (1972) ou une réflexion sur la surpopulation.
Pauvre surhomme,de Kurt Vonnegut (1961) ou la société vraiment égalitaire.
Toujours plus vite, ou Monsieur fait le marché, de Cami (1930) ou le libre-échange et la mondialisation.
Les monstres, de Robert Sheckley (1953) et si c'était nous !
Comment vont les affaires ?, de Jaques Sternberg (1957) ou comment produire et vendre du savon, une réflexion sur le progrès et la productivité.

Sociales fictions est un très bon recueil de nouvelles établi par Gérard Klein (anthologiste de référence en science-fiction) pour des étudiants en sciences sociales et qui prouve que la science fiction peut aussi s'intéresser aux problèmes humains contemporains. Une anthologie originale par sa thématique et par les analyses des nouvelles, j'attends le tome 2 avec impatience.

Olivier Gouello


"Peut-on apprendre quelque chose en lisant de la science-fiction ?" [p. 4] Puisant dans ses riches réserves d'anthologiste, Gérard Klein va nous le prouver au fil de douze nouvelles, chacune suivie d'un essai des sociologues Christophe Evans et Sylvie Octobre, et de l'économiste François Rouet, sur des sujets aussi divers que la précarité du travail face aux progrès technologiques, le surendettement, le productivisme à tout crin, les files d'attente, les nouveaux moyens de communication chez les jeunes, etc.

Le principal reproche que l'on fait souvent aux recueils de nouvelles, c'est leur manque d'unité. Voici donc une anthologie qui échappe brillamment à cet écueil, d'abord parce que les nouvelles ont toutes en commun d'avoir un aspect sociologique, ensuite, et surtout, parce qu'elles ne servent que de point de départ à un travail de fond, très érudit mais passionnant. L'on sera en droit de s'intéresser davantage à certains sujets qu'à d'autres mais l'ensemble est d'une fort bonne tenue. Les nouvelles (parfois très connues) sont pour la plupart très réussies et, outre les thèmes abordés, ont l'avantage de donner une bonne vision d'ensemble de la science-fiction. Tous les styles ne sont bien sûr pas présentés mais ce recueil représente une bonne entrée en matière pour le sociologue désireux de s'intéresser à ce pan de la littérature. L'amateur de SF aura, lui, le plaisir de prolonger sa lecture par les analyses proposées, en attendant avec impatience que cette excellente idée soit déclinée, pourquoi pas, sur d'autres thèmes comme l'histoire, la linguistique ou, pour prendre le contre-pied de ce que dit Gérard Klein dans son introduction, les sciences physiques. En effet, chacun a dans sa bibliothèque un vieil Arthur C Clarke dans lequel il lui suffira de se replonger pour se convaincre que oui, la science-fiction peut nous apprendre quelque chose dans le domaine des sciences dites exactes, et pas seulement dans celui des sciences humaines. A noter enfin une iconographie fort pertinente, fruit d'un impressionnant travail de recherche.

Mikael Cabon


Le Rose et le Noir

ANTHOLOGIE, Frédéric PRILLEUX

Terre de Brume, 2004
Recueil de nouvelles du cinquième concours organisé par La Noiraude et l'association La Fureur du Noir, organisatrice, à Lamballe (22) du festival Noir sur la Ville.



Déclinant le thème de l'amour, cinq nouvelles noires écrites par des écrivains confirmés - Claude Amoz, Jean-François Coatmeur, Patrick Pécherot, Jean-Bernard Pouy et Philippe Thirault - alternent avec celles, noires également, produites par les jeunes auteurs, Adèle Ayanok, Laurent Boron, Françoise Conan, Thomas Ehrmann et Lionel Perrin, heureux lauréats du cinquième concours organisé par la Noiraude, fonds spécialisé de nouvelles noires et francophones de la médiathèque de l'Ic à Pordic, dans les Côtes d'Armor, et la Fureur du Noir, organisatrice à Lamballe (22) du festival Noir sur la Ville, et qui voient pour la première fois une de leurs nouvelles publiée en recueil.

Les thèmes croisés de l'amour et de la mort, en général violente, composent donc ce recueil de nouvelles écrites moitié par des auteurs confirmés, moitié par des nouveaux venus. L'ensemble est varié certes, mais toujours d'excellente qualité. Toutes sont bien construites, bien menées, agréablement écrites. Chacun de ces textes se savoure donc en fin gourmet comme une gourmandise unique préparée avec tout l'art et le savoir faire d'un orfèvre en la matière. Ne boudons donc pas notre plaisir et plongeons avec délectation au coeoeur des histoires narrées. L'on y croise un vieux garçon obsessionnel pris à son propre piège, une jeune femme victime de l'inceste, un joueur de poker contraint de rembourser ses dettes de jeu en donnant l'un après l'autre ses organes vitaux, une prostituée, une femme entourée de chats qui a sombré dans l'alcool pour oublier la trahison de son homme, une autre qui se dit condamnée par la médecine et veut refaire l'amour une dernière fois avec ses anciens amants, des mères possessives qui en arrivent à haïr à force d'aimer... Où l'on voit que c'est souvent au sein de la famille que l'amour conduit à la mort de l'autre ou de soi !

Un plaisir de lecture !

Arlette Julien


Icares 2004

ANTHOLOGIE, Richard COMBALLOT

Mnémos, 2003



Une paire de gants aux inquiétants pouvoirs, un étrange voyage dans la littérature, l'Apocalypse selon les animaux, une enquête policière et psychanalytique entre synapses et barrettes de mémoire, le destin exceptionnel du plus grand nanar de l'histoire, la revanche des clones, la génétique au secours d'une colonisation ratée, une aventure onirique et héroïque, l'enfer d'une guerre infinie où le contrôle du temps est mis au service de l'oppression, des rencontres du troisième type dans un champ, le monde étrange des âmes en attente d'une réincarnation, l'acte ultime du dernier homme, les leçons d'écologie d'une civilisation terroriste...

Le moins que l'on puisse dire à la lecture de ces dix-neuf nouvelles, c'est qu'il y en a pour tous les goûts : de l'heroic fantasy, de la hard science, du cyberpunk, du fantastique... tout y est ! Or, si les genres sont différents, les styles des auteurs ne le sont pas moins, toutes les générations étant représentées, tous les niveaux de notoriété aussi. Et c'est là tout l'intérêt de ce recueil, de faire se côtoyer des auteurs qui n'ont en commun que ce goût pour l'imaginaire et un talent certain pour nous le transmettre. Autoproclamée recueil des "meilleurs récits de l'année", cette anthologie rassemble effectivement de nombreuses perles mais, ces nouvelles ayant été recueillies tous azimuts, il faudra faire preuve d'un éclectisme sans borne pour les apprécier toutes. Néanmoins, ce manque d'homogénéité peut certainement représenter un atout pour ce recueil qui permettra au lecteur de découvrir de nombreux genres et auteurs qu'il n'aurait peut-être jamais abordés autrement. Une mention particulière pour Catherine Dufour qui, signant l'une des meilleures nouvelles de cette anthologie, offre à notre réflexion quelques tirades bien senties, telles la suivante : "Que chaque génération invente une nouvelle connerie, ça n'a rien d'étonnant [... ]. Faut bien s'occuper. Par contre, qu'il y ait toujours une face d'huître pour appeler la malédiction divine sur la techno de papa après la minijupe de grand-mère et le jazz du trisaïeul, et maintenant sur les logiciels OwnDream, sans que jamais ne l'effleure le soupçon qu'il aura l'air d'une andouille à la face de l'Histoire, ça, j'aimerais bien qu'on m'explique." [p. 82]

Dix-neuf voyages vers des mondes imaginaires pour nous évader du nôtre, le tout en un seul volume, ça ne se refuse pas et c'est à déguster petit à petit, comme autant de friandises !

MGRB


Le Onzième commandement

ANTHOLOGIE

Terre de Brume, 2003



1 - "Tu ne te reproduiras pas" (Mouloud Akkouche) : Dès qu'il reçoit la lettre qu'elle lui a adressée, Fabien rejoint Dominique, sa soeoeur jumelle. Elle qui rêvait d'une carrière de chanteuse est aujourd'hui SDF, reproduisant ainsi le même schéma de vie que leur mère. Enfants, le frère et la soeoeur s'étaient juré de se donner la mort plutôt que de devenir comme leurs parents. Aujourd'hui, Dominique demande à son frère de l'aider à respecter ce serment...
2 - "Tu ne doubleras pas" (Didier Daeninckx) : Afrique coloniale, les rescapés des tranchées du Nord et de l'Est de la France rentrent au pays au terme de la première guerre mondiale pour se faire exploiter, gruger et humilier par les Blancs qui continuent d'assujettir odieusement et sans état d'âme aucun les populations villageoises considérées comme du bétail humain...
3 - "Tu ne liras pas d'histoire aux vieilles personnes qui ont envie de dormir" (Celine-Albin Faivre) : Lectrice auprès de personnes âgées, elle pousse la conscience professionnelle jusqu'à adapter chacun des textes à la personne à laquelle elle destine ses lectures et les épuise de mots...
4 - "Tu ne liras point par-dessus l'épaule de ton voisin" (Perrine Le Querrec) : De bibliothèques en archives, Mauna traque un "inventaire après décès", "afin de restituer à un maître-porcelainier du XVIIIe siècle sa paternité dans l'élaboration d'une nouvelle cuisson". Mais elle n'est pas la seule à mener cette recherche : depuis des mois, un homme est là qui épie ses faits et gestes et aimerait qu'elle échoue dans ses recherches...
5 - "Soudain, tu aimeras les vieux" (Christophe Mager) : Christophe Dupuis, soixante-cinq ans, retraité, veuf depuis deux ans, fréquente assidûment un cinéma porno parisien. Il ne rencontre que des vieux...
6 - "Tu ne te feras pas prendre" (Hugues Pagan) : Pendant la canicule, un dromadaire meurt de soif dans le XIIe arrondissement de Paris et, ce faisant assure l'ouverture du journal télévisé de 20 heures. Mais son cadavre disparaît mystérieusement du véhicule de police dans lequel on l'avait chargé. Au poste, le commandant, aussi usé que désabusé, enregistre la plainte des deux flics de terrain, pas des lumières qui convoyaient la carcasse avant que deux autres, des teigneux, abrutis basiques, lui amènent un étranger en situation irrégulière, un type au faciès "sémitique, mais pas trop", sans papiers, qu'il met en demeure de prouver son identité...
7 - "Tu ne vivras pas trop vieux" (Chantal Pelletier) : Lors du tournage d'un film, Joe, producteur, en a plus qu'assez des caprices de Bishop, star vieillissante du septième art français...
8 - "Tu ne te fieras pas aux apparences" (Gaëlle Pingault) : Un vendeur de produits chimiques pour l'agriculture ne comprend pas pourquoi il a été kidnappé. C'est un riche homme d'affaires qui a monté le coup...
9 - "Tu ne dépasseras pas ta fréquence cardiaque maximale" (Sylvain Rossignol) : Premier marathon organisé à Sarajevo depuis la fin de la guerre, parcours inscrit dans une capitale ravagée. L'un des coureurs engagés y servait le courrier durant le conflit et, rythmés par ses foulées, remontent en lui des souvenirs. Au carrefour d'Alipasina - le kilomètre 40 de la course -, il y avait un sniper embusqué...
10 - "Tu aimeras la vie" (Jo-Hanna Witek) : Toute sa vie, Georges Lelong, petit comptable dans un garage, l'a vécue médiocrement, tenaillé qu'il est par une angoisse omniprésente. Tout lui fait peur. Aujourd'hui, il a cinquante et un ans, ne ressent rien, hait l'imprévu et déteste tout ce qui pourrait mettre un peu de piment dans la banalité de son traintrain quotidien. Et voilà que dans le bus presque vide qui, le soir de son anniversaire, le ramène chez lui, une inconnue vient s'asseoir juste à côté de lui...

La médiathèque de l'Ic (22590 Pordic) et l'association Fureur du Noir (22400 Lamballe) organisent conjointement, tous les ans, un concours de nouvelles noires et policières, dans le cadre de La Noiraude et du festival Noir sur la Ville. L'originalité de ce concours est de publier les cinq premiers lauréats, "amateurs" (puisque n'ayant jamais publié de roman), en compagnie de cinq auteurs reconnus de la littérature noire et policière, les dix fournissant une nouvelle sur un thème imposé. Cette année, il s'agissait pour tous d'écrire une histoire en s'inspirant, à la manière biblique, d'un commandement de leur invention. Après deux premiers recueils parus aux éditions Baleine, "Le Onzième commandement" a donc été publié par les éditions Terres de Brume au moment du septième festival Noir sur la Ville. Force est de reconnaître que l'ensemble proposé ici est d'excellente qualité, tant en ce qui concerne les nouvelles écrites par les lauréats du concours que pour celles proposées par les auteurs confirmés. La production des auteurs débutants n'a pas à rougir de la comparaison avec celle produite par leurs "aînés". Toutes les productions issues de leur imagination sont d'une grande diversité. On a vraiment beaucoup de plaisir à plonger et replonger dans ce recueil car toutes sont intéressantes, soignées, travaillées, bien construites, agréablement écrites dans des styles très variés, maîtrisées de bout en bout. De l'émotion, de la tension dramatique, de la rage, du désespoir, de l'amour, de la poésie, de l'ironie acerbe, de l'humour, parfois même une touche de fantastique, des chutes intelligemment amenées et souvent très surprenantes, rien ne manque ! Il y en a donc pour tous les goûts... avec en prime, pour les curieux invétérés que nous sommes, l'opportunité de découvrir auprès d'auteurs qui ont, pour certains depuis longtemps déjà, donné la pleine mesure de leur talent, ceux qui deviendront peut-être dans les années à venir les futurs maîtres du genre.

On se régale. Un bonheur de lecture !

MGRB


Méditations sur la terre du milieu

ANTHOLOGIE

Bragelonne, 2003



Comment avez-vous rencontré Tolkien ? Que vous souvenez-vous encore aujourd'hui avoir ressenti lors de votre première lecture de "Bilbo le Hobbit" et du "Seigneur des Anneaux" ? Quelle a été l'influence de Tolkien sur votre oeoeuvre ?... Telles sont quelques unes des questions auxquelles répondent une vingtaine d'auteurs aussi prestigieux que le Français Raymond E. Feist ("Les Chroniques de Krondor"), l'Anglais Terry Pratchett ("Les Annales du Disque-Monde") ou l'Américain Orson Scott Card ("Les Chroniques d'Alvin le Faiseur", "Le Cycle d'Ender"). Compilation d'articles d'auteurs anglais et américains publiés dans leur langue originale en 2001 et d'articles inédits d'auteurs français, ce recueil est l'occasion pour chacun d'eux d'évoquer impressions et souvenirs sur l'univers développé par Tolkien et de livrer un vibrant hommage à celui sans qui la fantasy ne serait certainement pas ce qu'elle est aujourd'hui...

Encore un livre sur J.R.R. Tolkien ? Méfiance, méfiance ! L'on a tellement lu d'âneries ces derniers temps sur le sujet, très vendeur effectivement, que l'on est en droit de se demander si ce recueil sortira du lot. Eh bien oui ! D'abord parce que ces différents articles et essais sont signés de pointures du genre, ce qui n'est pas rien. Et ensuite parce qu'ils s'en sortent généralement très bien. Passées les platitudes sur le respect qu'ils vouent à Tolkien et le souvenir ému qu'ils gardent de leur première rencontre avec ses écrits, ils arrivent souvent à apporter leur pierre à l'édifice de cet ouvrage en offrant un éclairage personnel sur l'oe'oeuvre de Tolkien. Avec beaucoup d'humour, de poésie, de didactisme parfois, ce recueil dirigé par Karen Haber - auteur et anthologiste, elle est également l'épouse de Robert Silverberg - nous fait plonger à nouveau avec délices dans l'univers du maître de la fantasy. L'exercice est peut-être vain, certainement futile, mais c'est à savourer comme une conversation avec d'authentiques passionnés. Et le tout est agrémenté d'une trentaine de superbes illustrations originales en noir et blanc de John Howe - "qui est avec Alan Lee le principal illustrateur mondialement célébré de la Terre du Milieu" -, lesquelles justifient à elles seules la lecture, voire l'acquisition de ce luxueux et très beau volume.

Un plaisir à ne surtout pas bouder. Mieux encore ! A l'approche des fêtes de fin d'année, un très beau cadeau à offrir ou à se faire offrir...

Mikael Cabon

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