Revue Casier[s]

COLLECTIF

Brest en Bulle, 2016
Revue Casier[s], N° 1



Impossible de ne pas être d'accord avec les auteurs de ce nouveau fanzine : Brest est une ville à part, singulière, mais attachante comme dévorante. Un terrain de jeux nourrissant l'imaginaire de scénaristes et dessinateurs de BD. Une fois devant leur feuille, ces derniers avouent être "un peu comme un ours dans sa grotte". C'est donc pour répondre à ce besoin de collectif qu'une trentaine d'auteurs, souvent issus d'une précédente expérience des années 90 (Les Violons dingues), se sont retrouvés autour de ce nouveau projet.

Une fois dans les mains, Casiers (il y a un s ou non ?) est un joli produit de format moyen, facilement ouvrable dans les transports. La couverture est ornée d'une belle illustration d'Obion reprenant le thème de ce premier numéro, les Capucins, du nom de ce quartier central de Brest, redonné récemment à la ville après avoir abrité les bâtiments industriels de l'arsenal. A l'intérieur de Casiers, on ne mégote pas sur le genre : 148 pages de BD sur les 160 que compte ce premier numéro (oui, j'ai compté...). Bref, l'amateur en a pour son argent !

Malgré son sujet commun, le fanzine est marqué par la diversité : du noir et blanc, de la couleur, du passé comme du présent ou du futur, de l'historique ou de l'anecdote, du sophistiqué comme du plus simple, on en trouve pour tous les goûts. Bien sûr, les incontournables sont là. Perso, j'ai du mal à résister aux dessins de Briac comme à sa charmante histoire de mémés. Mais aussi à l'ambiance très brestoise de Stéphane Heurteau  ou encore au noir de Malo Durand. Quelques faits locaux, ignorés de la plupart comme l'histoire de ce soldat noir injustement accusé de crime ou de cette Mata Hari locale dont la mission est de collecter des informations sur les navires de guerre. Ou encore de ces personnages originaux comme Robida, un illustrateur local style steampunk qui a su toucher Gwendal Lemercier. Quelques scénarios laissent cependant une impression d'un peu juste ou carrément d'inachevé.

Bref, un travail foisonnant autour de Brest, notre ville disparue sous les bombardements mais qui renaît de ses nouveaux quartiers comme les Capucins. Un Brest historique, social ou fantastique que j'ai aimé, malgré quelques légèretés de jeunesse. Attendre une année pour le numéro 2 !

PS : les gars, heureusement qu'on trouve parmi vous Dominique Robet ou Claire Le Carluer... Rares sont les femmes auteurs de BD à Brest ?

Marc Suquet

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