Métal amer

Yvon COQUIL

Sixto, 2016



"Je raconte ce que j'ai vu, ce que j'ai vécu..."
(Yvon Coquil, rencontre le vendredi 17 février 2017 au café de la librairie Dialogues)

Je n'ai pas été trop surpris, un peu tout de même, lors de la parution de Métal amer, un recueil de nouvelles concoctées par "le jeune retraité de l'arsenal de Brest". C'est ainsi, à présent, que l'on désigne Yvon Coquil. En effet, le talentueux Briac, "ami et complice", pour sa très belle BD Quitter Brest, lui avait déjà "emprunté" (dixit Arnaud Le Gouëfflec, autre "ami et complice", dans la très pertinente postface de cette même BD) deux nouvelles de qualité, "Pari Brest" et "Les Hespérides", qui figurent avec neuf autres, de qualité elles aussi, dans Métal amer...

Or, tous les auteurs vous le diront, la nouvelle est un exercice littéraire difficile, appartenant au genre du roman, mais avec certaines contraintes : texte plus court, "simplicité du sujet", art de la chute... Un genre particulier auquel très peu d'entre eux osent se confronter...

Yvon Coquil a écrit sur le tard. Son premier ouvrage, Black Poher, un polar rural inspiré de Jim Thompson, l'avait déjà fait connaître : prix du roman du festival du Goéland masqué de Penmarc'h en 2008. Des débuts encourageants ! Ont suivi Docks, un polar urbain, puis Dernier train pour Ouessant (sic), en ce qui me concerne l'une des "meilleures enquêtes" du cyberjournaliste Léo Tanguy. Ces deux romans se passent à... Brest ! A "Brest même" ! Tout comme Quitter Brest - évidemment - dont il a déjà été question.

S'il a écrit sur le tard, Yvon Coquil a toujours été un grand lecteur. Un lecteur de polars, souvent américains, mais aussi d'auteurs tels que Louis Guilloux, Jean Meckert... Pendant de longues années, il a observé, écouté, emmagasiné... Il sait de quoi il parle, notre Brestois qui a travaillé une trentaine d'années à l'arsenal. Il parle de la camaraderie ouvrière, des petits chefs, des gens qu'il a fréquentés au quotidien. Son entourage est la matière première de ses écrits. Dans sa tête, il traîne certains personnages depuis des années. Il parle également du port de Brest, des quartiers populaires, des troquets... Ce mélange d'observations, de tranches de vie... et de fiction donne un recueil de nouvelles au ton singulier et original. Des histoires d'hommes et de femmes, "d'êtres simples", "de petites gens". Onze nouvelles écrites avec les tripes... et avec le coeur. Onze nouvelles à l'humour corrosif. Onze nouvelles émaillées de tendresse, de fraternité, d'humanité...

Je laisserai la conclusion à ses deux "complices et amis" :
"Brest, on y revient toujours." (Briac)
"Brest est une ville qu'on ne quitte pas, et dont Yvon raconte le pouvoir d'attraction." (Arnaud Le Gouëfflec)

Roque Le Gall

partager sur facebook :